Femme et sans abri, la double peine
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Cette semaine, Pauline Delassus analyse un rapport choc du Sénat sur les femmes sans abri. sexe
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Cette semaine, Pauline Delassus analyse un rapport choc du Sénat sur les femmes sans abri. sexe
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Dans la rue, elles sont plus fragiles et moins visibles. Être une femme, en plus d'être sans abri, vous assure d'être victime de violences et vous condamne à une existence dissimulée. C'est l'une des informations cruciales apportées par la délégation aux droits des femmes du Sénat qui, après dix mois d'enquête, publie un rapport choc - et passé quasi inaperçu - sur les conditions de vie des femmes SDF, dont le nombre a doublé en dix ans. En France, 120 000 femmes sont sans domicile fixe et placées dans des hébergements financés par l'État, plus ou moins pérennes. Trois mille dorment chaque soir dehors, souvent avec leurs enfants, qui sont eux aussi au nombre de 3 000 à vivre sans toit.
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Malgré la mise en place depuis 1997 de l'Urgence sociale, ces milliers de femmes isolées et de familles ne parviennent pas à obtenir de solution quand elles composent le 115. Beaucoup, découragées ou désinformées, n'appellent pas ce numéro dont la ligne est souvent surchargée. Ne leur restent alors que des refuges de fortune, une tente sous un pont, dans un bois, une cage d'escalier, un parking, ou bien un accueil providentiel par des inconnus qui les expose à l'exploitation sexuelle ou par le travail. Le rapport des quatre sénatrices, dont l'ancienne ministre socialiste Laurence Rossignol, détaille les profils de ces femmes vulnérables : 1 200 sont enceintes ou viennent d'accoucher, la moitié est d'origine étrangère, parmi les Françaises 15 % ont perdu leur domicile à la suite de violences familiales et près de 15 000 sont issues de l'aide sociale à l'enfance.