ENTRETIEN — Flavie Flament se livre sans filtre : de son combat pour les victimes d’abus à sa quête de paix intérieure, l’animatrice et autrice revient pour « La Tribune Dimanche » sur son parcours, ses blessures et sa reconstruction.Aujourd'hui, elle est en paix. Non pas avec celles et ceux qui l'ont brisée, mais avec elle-même. Et aussi avec la télévision qui au début des années 2000 avait fait d'elle la « jolie blonde écervelée de TF1 ». Une image qui, malheureusement, la poursuit encore malgré son rôle déterminant dans la nouvelle loi sur le rallongement du délai de prescription des crimes sexuels commis sur des mineurs votée en 2018.
Deux ans auparavant, elle racontait dans son livre La Consolation (JC Lattès) avoir été violée à 13 ans par le photographe David Hamilton, lequel se suicidera quelques mois plus tard. Nous la retrouvons l'après-midi dans une suite de l'hôtel Balzac, en plein cœur des Champs-Élysées. Instantanément, celle qui présente Ca Va Beaucoup Mieux sur RTL déborde d'empathie et d'authenticité. Avec cette nécessité absolue de mettre un terme à trop de malentendus.
Aux débuts de votre carrière à la télévision, vous disiez sans cesse avoir vécu une enfance heureuse...
On peut masquer tellement de choses derrière un sourire. J'ai longtemps réussi à feindre le bonheur alors que je pleurais de l'intérieur. C'est comme si du jour au lendemain je n'avais plus aucune profondeur, plus aucune densité. Encore aujourd'hui, je constate que l'on ne me connaît pas.
Et si vous n'aviez pas décidé de quitter la télévision en 2009 ?
La presse people m'aurait définitivement détruite, laminée. Je ne pouvais plus vivre ce combat, cette épreuve dans l'objectif des paparazzis. D'une certaine façon, ils auraient été criminels.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel