Harcèlement scolaire : le gouvernement peut-il ignorer « Adolescence » ?
Diffusée dans les écoles du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou de Flandre, la série « Adolescence », qui examine la haine en ligne et le harcèlement scolaire, ne trouve pas encore sa place dans les établissements français.
Nelson Getten
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18 .000 personnes ont signé une pétition pour que la série « Adolescence » soit autorisée à être diffusée dans les collèges et les lycées.
« Madame Borne, diffusez la série Adolescence dans les collèges et lycées » : c'est le titre d'une pétition mise en ligne par une mère de famille lyonnaise qui a recueilli 18.000 signatures. « Je l'ai vue avec mon fils de 13 ans, ça a été une vraie claque », raconte Laetitia Curetti, elle-même victime de harcèlement dans sa jeunesse.
Dans la série, Jamie, 13 ans, est accusé d'avoir tué à coups de couteau l'une de ses camarades. L'histoire raconte comment le harcèlement et les réseaux sociaux ont nourri la masculinité toxique, la haine et la violence de l'adolescent.
Pour Laetitia Curetti, la fiction a trouvé un écho dans le drame de Nantes où un élève est accusé d'avoir poignardé à mort l'une de ses condisciples il y a neuf jours : « La seule personne qu'il a tuée était celle qui était sympa avec lui. Cette jeune fille l'a-t‑elle finalement rejeté ? Pourquoi personne d'autre ne lui parlait au collège ? Comment a-t‑on pu laisser un gamin gâcher sa vie et tuer une de ses camarades ? »
L'une des phrases marquantes de la série est prononcée par le père de Jamie : « On pensait qu'il était en sécurité dans sa chambre. » « C'est pour ça qu'il faut montrer cette série aux parents, aux enseignants et aux élèves dans les écoles, il faut créer un électrochoc », reprend l'autrice de la pétition.
Outil pédagogique
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a été l'un des premiers à voir dans cette minisérie de quatre épisodes un outil pédagogique. C'est après l'avoir visionnée avec ses deux adolescents qu'il a annoncé sa diffusion — encadrée — dans les écoles. Depuis, les Pays-Bas puis la Flandre lui ont emboîté le pas.
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En France, la ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne, interrogée à ce propos début avril sur France 2, avait déclaré l'avoir vue... mais « pas en entier », avant d'écarter sa diffusion dans les écoles au motif qu'il y avait déjà « de bonnes séries françaises ».