Parfois, il peut y avoir erreur sur la marchandise. Ou sur la personne. Le code barre de rire du premier humoriste à remplir le stade Vélodrome n'est pas toujours activé. Oui, parfois, le plus grand des clasheurs a aussi besoin de se retirer des têtes de gondole du rire. Lorsqu'il tourne pour le cinéma, par exemple, il fend l'armure du mec qui assure sur scène pour révéler une autre facette insoupçonnée de sa personnalité.
Et c'est assez étonnant. Voire déroutant dans Délocalisés, l'histoire comique et tendre d'un ouvrier victime d'une délocalisation qui fait le choix de s'exiler en Inde... À 46 ans, le Marseillais, membre d'une fratrie de six enfants nés de parents algériens, nous reçoit avec son frère Ali dans sa chambre de l'hôtel de Pourtalès (celui où Kim Kardashian a été séquestrée). « Ici, c'est Paris », mais aussi « ici, c'est la famille ». Il aurait pu me vanner, notamment sur mes chaussettes fluo. Moi aussi, d'ailleurs, avec son tee-shirt à l'effigie de Khaled, son idole. Mais ça aurait été trop fastoche.
Le Redouane du cinéma n'a rien à voir avec le Redouane sur scène !
C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis très content de faire cette interview avec vous, car je ressens le besoin de montrer une autre facette de moi, celle du mec super sensible capable de transmettre des émotions. Quand je suis seul sur scène devant 10 000 personnes, je suis obligé d'être dans le contrôle du Marseillais super à l'aise pour ne pas montrer mes failles. Au cinéma, il faut fendre l'armure. C'est la caméra qui vient te chercher et tu ne peux pas mentir.