Léa Drucker : « J'aime les films engagés qui n'ont pas la prétention de tout résoudre »
Propos recueillis par Charlotte Langrand
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Léa Drucker se confie à « La Tribune Dimanche ».
LTD/Luc Braquet
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Léa Drucker se confie à « La Tribune Dimanche ».
LTD/Luc Braquet
Elle rayonne dans son chemisier blanc, assise sur un canapé immaculé. Léa Drucker, 53 ans, a bien fait de prendre des vacances car la rentrée s'annonce pour elle fructueuse et sur tous les fronts : le 17 septembre, elle endossera le rôle d'une infirmière sous tension dans L'Intérêt d'Adam de Laura Wandel et le 19 novembre, celui d'une policière de l'IGPN qui enquête sur une bavure lors des manifestations de Gilets jaunes, dans Dossier 137 de Dominik Moll. Dans les deux films, elle transperce l'écran, tout en tension retenue.
Le 24 septembre, elle foulera aussi les planches du Théâtre des Bouffes Parisiens sous la direction d'Alain Françon dans une pièce de Claude Simon, La Séparation, aux côtés de Catherine Hiegel. Cette actualité chargée paraît naturelle à cette actrice qui a su révéler ses talents dramatiques sur le tard, avec Jusqu'à la garde de Xavier Legrand (2017). Depuis, elle multiplie les rôles précis, nuancés, engagés et en prise avec l'époque chez les cinéastes français comme dans des séries bien senties ou des comédies, prouvant qu'il n'y a pas d'âge pour briller dans ce métier.
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Votre père était médecin, comme beaucoup de membres de votre famille. Ce rôle d'infirmière, était-ce une façon de leur rendre hommage ?
LÉA DRUCKER - C'est vrai que mon père était pédiatre à l'hôpital de Tours, mon grand-père, médecin de campagne, et que j'ai eu un grand-oncle docteur et une tante infirmière en dialyse ! Donc c'était sûrement, inconsciemment, une façon de leur rendre hommage. Pour moi, l'hôpital, c'était le métier de mon père : enfant, j'allais dans le -service de pédiatrie le chercher pour déjeuner avec lui, je voyais les bébés, les prématurés... Mais l'hôpital était bien séparé de notre vie à la maison. Mon père faisait des gardes, il était souvent absent, j'ai passé plus de temps avec ma mère qu'avec lui. Ma tante m'a aussi parlé de ses conditions de travail et, pour préparer le film, j'ai suivi dans son quotidien une infirmière de l'hôpital de Huy en Belgique. J'étais soucieuse de maîtriser les gestes techniques, car c'est la porte d'entrée dans le personnage. Je suis assez maladroite, alors on a répété, j'ai pu les filmer... Mais dans le film, ça fonctionne !
Propos recueillis par Charlotte Langrand