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Marina Foïs : « Venant d'une famille d'exilés, j'aime l'idée de raconter l'histoire de Montand et Signoret à la jeunesse »

Propos recueillis par Charlotte Langrand Photos Sébastien Leban

Publié le 27 septembre 2025 à 17:00

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N146 ● 19 juillet 2026

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ENTRETIEN — L'actrice incarne une Simone Signoret saisissante dans « Moi qui t'aimais » de Diane Kurys. Rencontre.

À part quelques pauses cigarette, elle traverse sa longue journée de promotion comme une marathonienne décidée  : débit de mitraillette, intelligence lucide et ironie cinglante... Marina Foïs se livre dans un savant dosage de franchise et de maîtrise. La comédienne, qui est d'abord apparue dans un registre comique avec la troupe des Robins des Bois au mitan des années 1990, s'est muée en actrice accomplie, naviguant avec brio entre la comédie (chez Alain Chabat, Charles Nemes...), le drame (chez Laurent Cantet, Maïwenn, Rodrigo Sorogoyen...) et les planches (comme récemment dans Les Idoles de Christophe Honoré).

Cette « amoureuse de la fringue » a fait du cinéma la grande passion de sa vie  : grande cinéphile et actrice réfléchie, elle pratique une forme d'abandon devant la caméra qu'elle dit s'autoriser moins dans la vie. Si elle excelle dans l'interprétation de Simone Signoret dans Moi qui t'aimais de Diane Kurys, elle nous raconte, dans un jeu de miroirs avec l'actrice de La Vie devant soi, ce que c'est que d'être une femme dans ce métier, la cinquantaine passée.

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LA TRIBUNE DIMANCHE — Dans Moi qui t'aimais, on est plus dans une évocation du couple Montand-Signoret que dans une stricte imitation des personnages. Est-ce plus intéressant à jouer  ?
MARINA FOÏS — C'est autre chose. L'idée n'était pas arrêtée dès le départ car, même si Diane Kurys nous a choisis, ni Roschdy Zem ni moi ne sommes des figures évidentes pour incarner Signoret et Montand. La question était donc de savoir jusqu'où nous pousserions la transformation physique, et, dès les essais maquillage et prothèses, Diane a repoussé l'idée que nous disparaissions derrière des tonnes de latex. Cela signifiait qu'elle voulait que l'on « affleure », que derrière Yves on voie Roschdy, et derrière Simone on voie Marina. Le film n'est pas un bopic hagiographique de leur vie. Il ne dit pas l'enfance de Simone, on parle d'elle à 50 ans, avec cette question en creux  : qu'est-ce que c'est que d'être une actrice à cet âge  ? J'avais envie de raconter la Simone de cette époque-là et probablement de me raconter, moi, en posant la question des injonctions faites aux femmes  : ce que l'on sacrifie au cinéma, à la jeunesse, à l'image, en se conformant à ce que les metteurs en scène attendent de nous, et, enfin, quand nous autorisons-nous à dire non  ? Simone a dit, elle, que les marques du temps ou de la douleur, les kilos, l'alcool, la joie, les copains, la bouffe, le rire..., tout cela était inscrit sur son visage, et que cette vérité-là lui avait offert des rôles, davantage que si elle l'avait « trafiqué » pour montrer d'elle une image sublimée. C'est quelque chose qui me parle...

Propos recueillis par Charlotte Langrand Photos Sébastien Leban

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