À table pour le réveillon, il est interdit de...
François Simon
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A l'aube de 2025, en matière de gastronomie, on ne peut plus tout se permettre : tour d'horizon.
LTD/François DUCASSE/GAMMA-RAPHO
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A l'aube de 2025, en matière de gastronomie, on ne peut plus tout se permettre : tour d'horizon.
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Ceci dit rien ne vous empêche de traverser Montélimar en R5 en marche arrière, mais attendez-vous à avoir une descente carabinée. Autant rester chez soi, où hélas quelques tentations pourraient venir rôder dans votre tête déjà affaiblie par les tourments orchestrés de cette fin d'année. Au demeurant, est-il vraiment nécessaire que vous poursuiviez la lecture de cet article ?
Tout de suite des images hallucinantes vous viennent à l'esprit. Ces tablées où l'assistance, serviette sur la tête, s'engouffre dans l'absorption de ces malheureux petits volatiles. Bruits d'os craquelants, soupirs datés et un verre de sauternes pour couvrir le linceul.
Certes, les gastronomes gémissaient d'indignation devant ces restrictions, édictées par décret européen en 1999 et l'article L411 du Code de l'environnement. Mais disons que les chasseurs n'y allaient pas de main morte pour capturer vivants les ortolans avec des gluaux, ou piéger les grives au filet.
Être tranquille sous une large serviette, redevenir barbare, fermer les yeux, émerger avec encore un tibia du volatile qui dépasse de votre bec et son goût lancinant noisetté. Une fois, ça va.
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Bien entendu, vous pouvez vous entêter en proposant du goéland aux morilles, du grèbe huppé et son tataki de marrons glacés ; du butoir étoilé aux topinambours et pourquoi pas pendant qu'on y est de l'aigle royal et sa purée mousseline, du fou de Bassan et son caramel d'épices... Tout ça, non, non, non : c'est interdit.
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François Simon
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