Un renard a laissé son empreinte sur le sable si fin de ces dunes hautes de huit mètres. Les genévriers à gros fruits - Juniperus macrocarpa - qui s'y dressent sont trop rabougris pour apporter un chouïa d'ombre. Sous un soleil brûlant en plein midi, même au printemps, le plongeon dans une eau translucide reste le meilleur moyen de se rafraîchir.
À l'ouest, la mer Méditerranée ; à l'est, le maquis qui embaume le myrte dans un chaos de granit. Après un long hiver pluvieux, les cistes de Montpellier et de Crête sont en fleur, dans une explosion de couleurs. Les figuiers de barbarie dardent leurs épines, ces cactus mexicains importés sur l'Île de Beauté au XVe siècle. Des sommets isolés émergent de ce squelette de terre mis à nu. Par endroits, les rochers sont sculptés par l'érosion qui forme des cavités arrondies, appelées taffonu.
Dans le nord de la Corse s'étire un territoire que l'on dit « désert », l'Agriate, le long de 40 kilomètres de côte entre Saint-Florent et L'Île-Rousse. Ces 15.000 hectares appartiennent en partie au conservatoire du littoral. Sur les cartes IGN, ce nom est accolé à celui de désert des Agriates, appellation qui aurait été imaginée par des touristes anglais à la Belle Époque.
C'est l'un des rares lieux ainsi qualifiés en France, avec les plus métaphoriques désert de Retz, dans les Yvelines, et désert des Chartreux, autour de monastères en Isère. Alors, vrai ou faux désert, cette péninsule dont l'étymologie vient du latin ager, qui signifie « champ cultivé » ?