La chronique de François Simon. Arotzenia, le retour aux sources ?
François Simon

François Simon s'est rendu à Urrugne, à l'auberge Arotzenia... Et vous recommande d'y faire un tour !
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François Simon s'est rendu à Urrugne, à l'auberge Arotzenia... Et vous recommande d'y faire un tour !
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Parfois, il faut tout de même remettre les pendules à l'heure. Se rendre compte que les embardées parfois surréalistes de la gastronomie nous font oublier ce qu'était un restaurant. Pas question de faire couiner la manivelle de la nostalgie, de ce bon vieux temps qu'il est doux de laisser au passé. Mais simplement de raviver le souvenir de ce lieu de bienveillance, d'ouverture, de bonté. Un restaurant, c'est une auberge.
Vous avez faim, vous êtes trempé de pluie, asséché de soleil, éreinté de nuits sans sommeil : on vous ouvre la porte. Il y a là un pichet, du pain et de l'indulgence. C'est lundi de Pentecôte, vous arriverez un peu tard (14 heures) ; au bout du téléphone, la voix est douce et compréhensive : « Bien sûr, venez, on sera là. » Ce devait être sans doute Antoine Chépy, le patron de cette auberge d'Urrugne, non loin de Saint-Jean-de-Luz dans le Pays basque. Avec Bianca Muller, ils tiennent cette maison de village avec une chaleur humaine désarmante.
La commande se fait au bar ; dès l'entrée, on vous donne la bouteille d'eau et vous vous attablez dans la vaste salle à manger au décor gentil, simplet mais tellement tendre avec ses vieilles photos ; un canapé dans un coin, la verdure qui vient caresser les baies vitrées.
Attablés, des familles, des marcheurs, des touristes et des locaux. Ils connaissent Arotzenia (cela veut dire « la maison du forgeron » en basque) pour ses valeurs militantes. Est ainsi inscrit à l'entrée de ce restaurant associatif : « L'auberge est un lieu nourricier, un lieu de rencontres, une alternative alimentaire. »
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Ne vous attendez pas pour autant à des chants révolutionnaires en fond musical et des serveuses avançant le poing levé. Non, ici c'est joliment chaleureux, sans circonvolutions. Et les assiettes ? Elles sont bigrement bonnes et, dans cette logique humaniste, habitées par du sentiment.
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C'est roboratif, sain ; cela se dévore avec plaisir : soupe de légumes, navarin d'agneau et fenouil confit au citron (9 euros), bonite grillée petits pois et asperges... On se rend alors compte qu'il y a, partout en France, des adresses de bon sens, de bonne humeur et de bon cœur comme celle-là. Ouf !
Arotzenia, 47, rue Jean-Fourcade (Urrugne). Fermé les mercredis et jeudis. Comptez 35 euros. Tél. : 07 57 77 17 94.
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