Pierre Gattaz, PDG de Radiall : « J'ai pour le vin un émerveillement continu »

Pierre Gattaz recevra cet été chez lui, dans le Vaucluse, la 3e édition du festival Vins & passions en Luberon.
LTD/DR

Pierre Gattaz recevra cet été chez lui, dans le Vaucluse, la 3e édition du festival Vins & passions en Luberon.
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Chez vous, quelle place occupe la cave ?
PIERRE GATTAZ — J'en ai deux : une dans les Yvelines et une autre au Château de Sannes, à Ansouis. La première, voûtée, abrite quelques bonnes bouteilles - bordeaux, bourgogne, côte-rôtie de chez Guigal... -, des blancs de Loire pour accompagner les fruits de mer, et des saint-émilion, que j'adore. En revanche, ni Petrus, ni Haut-Brion ! Celle du Vaucluse, beaucoup plus petite, date du XVIIe siècle. J'y ai créé un musée des métiers de la vigne, qui côtoie des flacons de gigondas, châteauneuf-du-pape, pas mal de rosés et de blancs du Sud... car il faut bien goûter ce que fait la concurrence !
Quel est leur taux de remplissage ?
Ça va, ça vient... Mais - à la suite de quelques déconvenues au moment de la dégustation - j'essaie de ne pas boire les vins au-delà de dix ans de garde. J'achète au coup de cœur. Mes proches m'en offrent aussi au moment de Noël ou pour mon anniversaire ; je rêve d'une bouteille de Château Rayas ! J'ai pour le vin un émerveillement continu, une approche de curieux plein d'humilité, comme si j'étais face à une charade à tiroirs.
Un tire-bouchon à la main, à quoi pensez-vous ?
Au dernier-né du Château de Sannes : le Castini (« châteaux » en celte), produit en rouge, blanc ou rosé. Nous les faisons vieillir un an en fût et un an en amphore de terre cuite. Leur quantité est limitée mais ils comblent mon goût pour l'expérimentation.
Plutôt vin de soif ou vin de garde ?
J'aime faire vieillir les vins de Cassis ou les grands bordeaux ; leur garde m'intrigue. Et, si la notion de « vin de soif » m'ennuie, mon penchant pour le côté énergique du vin m'amène souvent à déboucher spontanément une bouteille pour le copain qui passe.
L'arôme qui vous émeut le plus ?
Dans les rouges : la réglisse, les épices, le côté herbacé de la garrigue, qui me ramènent à des souvenirs d'enfance. Je suis plus fleur que fruit, notamment pour les bordeaux ; de même, je préfère l'exotisme de la vanille à un goût toasté ou brioché trop prononcé.
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La bouteille que vous n'ouvrirez jamais ?
Un vieux Château d'Yquem qui doit avoir plus de vingt ans. J'aime savoir que je l'ai dans ma cave. Et si, d'aventure, on m'offre une bouteille du Domaine de la Romanée-Conti, je sais déjà que je la garderai : arrivé trop tard ou parti trop tôt, je suis toujours passé à côté dans les dîners !
Qu'est-ce qu'on boit, alors ?
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Un Grand Blanc de Sannes, assemblage d'ugni blanc, de vermentino et de grenache blanc. Mon père adorait ce vin. Je l'ai vu, un soir, s'en servir deux verres à ras bord... et m'avouer le lendemain matin qu'il avait dormi « comme un bébé ».