Il flotte comme un parfum de succès autour de ce premier roman, Fragrancia. Paul Richardot, 32 ans, n'en revient toujours pas. Il avait depuis de nombreuses années la volonté d'écrire, multipliant les concours de nouvelles, tâtonnant dans des ébauches de romans jusqu'à ce qu'il trouve son sujet, en suivant, nous dit-il, les conseils de Dany Laferrière dans Journal d'un écrivain en pyjama : « On écrit le plus près de soi possible. »
Le diplômé de l'École supérieure du parfum à Paris, à la tête de la maison Violet - parfumerie du XIXe siècle fournisseuse de l'impératrice Eugénie - a décidé d'écrire une intrigue policière dans l'industrie du parfum, saupoudrée de science-fiction. Avant même la parution en France, Lattès a vendu les droits à une dizaine d'éditeurs étrangers.
L'histoire, il faut dire, est pour le moins originale : la société secrète Fragrancia propose à de rares élus de « revivre [leurs] souvenirs les plus précieux à travers leurs parfums » grâce à une substance psychotrope, la SVM. L'entreprise, en parallèle, aide aussi la police dans certaines enquêtes, utilisant la SVM pour faire parler des témoins ou confondre les suspects en leur faisant inhaler l'odeur de la scène de crime. Amoureux du réalisme magique et défenseur d'une littérature de divertissement, Paul Richardot soigne ses personnages et ménage le suspense.