Bieber, Carpenter, Stewart... Autant de stars adeptes du tout pyjama. De la « slipper » au corset, tout ce que l’on porterait chez soi ou à l’hôtel s’affiche désormais dans la rue, dans un esprit cool.Du Ritz à la rue, il n'y a désormais qu'un pas. Jadis réservé aux palaces, le chausson d'hôtel, ou slipper en anglais, se porte désormais sur le bitume. Mais oubliez le coton éponge : le chausson de rue se porte dans une version cuir minimaliste comme le proposent The Row ou Miu Miu, en cuir finement tressé comme chez Bottega Veneta, ou en velours côtelé cosy pour JW Anderson. Trois ans après le Covid, qui a officialisé le jogging comme costume officiel des travailleurs en ligne, le chausson vivrait-il son heure de gloire dans la garde-robe des jeunes actifs ?
« Pas tout à fait, rit Alexandra Jubé, fondatrice du bureau de tendances du même nom. Il est moins question ici de confort que de sophistication : la slipper, c'est la rencontre entre un objet doudou et le luxe discret, rien à voir avec l'ostentatoire. Car sous leur apparence facile à porter, ces souliers sont des produits fragiles avec leur semelle très fine, bien distincte des Birkenstock, par exemple. Ces chaussons raffinés renvoient l'idée que vous êtes un être si chic que l'on ne distingue même pas que vous sortez de chez vous. »
Axelle Royere Vanco, directrice du département souliers du Bon Marché à Paris, confirme cette tendance au chausson « ultra-souple et résolument discret » : « Outre The Row, je pense à la maison berlinoise Ayede et à son esprit urbain, ou à la marque Le Monde Beryl, que nos clientes apprécient beaucoup. Dans un autre registre, Capulette réinterprète la Friulane vénitienne, soit un chausson aux multiples matières [velours, laine ou même résille]et coloris. En fait, la slipper incarne une quête du luxe pour soi. »
Mathilde Carton avec Nina Boutleroff