ENTRETIEN — Le dernier album de Jeanne Cherhal, composé avec «son jumeau d'émotion» Benjamin Biolay, sort le 4 avril.
Jeanne n'entend pas des voix. Ce sont ses deux mains qui lui montrent la voie. Autodidacte, ses dix doigts caressent les touches de son piano sans qu'elle ait jamais pris de leçons. La Bretonne originaire d'Erbray, au sud de Châteaubriant, nous donne rendez-vous aux Studios de la Seine, où elle vient d'enregistrer son septième album, Jeanne, réalisé par son jumeau d'émotion, Benjamin Biolay.
Treize titres écrits et composés par cette quadra hypersensible. Des thèmes graves mais toujours racontés avec frivolité et une déroutante insolence respectueuse. Féministe polissonne, passionnément amoureuse des hommes, Jeanne Cherhal chante la femme qu'elle est, légère et gouailleuse, ironique et lucide. Sera-t‑elle aussi à l'aise que derrière son piano pour me parler d'elle ?
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous sentez vous aussi libre dans la vie que sur scène ?
JEANNE CHERHAL — En concert, je suis sans filtre, voire un peu clown. La scène est mon terrain de jeu, où je ne me fixe aucune limite. Là, face à vous, je me sens beaucoup plus vulnérable. Si je sais que c'est le passage obligatoire pour faire la promo, je préfère me raconter dans mes chansons que de parler frontalement de mon intimité. Peut-être aussi par manque de courage...
Jeanne est né d'une conversation avec Benjamin Biolay pendant laquelle il vous a proposé de produire vos nouvelles chansons. Quelles sont vos relations ?
C'est une amitié pleine d'inspiration et d'admiration. Il y a beaucoup d'amour entre nous, beaucoup d'histoires, beaucoup de musique. Nous partageons la même sensibilité. Benjamin est ma muse. Je pense que ce disque, je l'ai écrit pour lui.
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