ENTRETIEN - L’humoriste, qui réalise son troisième « Ducobu » et écrit son prochain spectacle, se sent prêt à jouer des rôles à contre-emploi. Celui qui cultive sa part d’enfance assume aussi son besoin de profondeur.Hypersensible et hyperactif, Élie Semoun. L'oisiveté le fait trop ruminer, alors pour combler son besoin permanent d'adrénaline, il crée. C'est pendant ces phases de réflexion qu'il trouve satisfaction, qu'il flirte avec un bonheur intense et euphorisant. À peine terminée la réalisation de Ducobu passe au vert !, le sexagénaire écrit son prochain spectacle mais, cette fois-ci, sans se cacher derrière des personnages. Car l'ex-complice de Dieudonné n'est pas que le rigolo de service. Dans Élie Semoun en personne(s), il reviendra sur son parcours de vie cabossé, sans jamais se censurer.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Trois réalisations de Ducobu sur cinq opus. C'est votre dada ?
ÉLIE SEMOUN - Je sens bien que le producteur va me proposer de réaliser le sixième, mais ça m'angoisse. L'autre soir, je discutais avec Jean-Paul Rouve et je lui disais qu'il avait beaucoup de chance de pouvoir jouer autant dans Le Consentement que dans Les Tuche. Ça lui permet de sentir d'autres parfums, des endroits que l'on n'explore pas nécessairement quand on est humoriste. Ce qui n'est pas mon cas.
Un message à faire passer aux réalisateurs, aux metteurs en scène ?
J'aimerais leur dire de prendre le risque de me faire jouer des rôles à contre-emploi car ils ne seront pas déçus.
Vous souffrez de cette image un peu légère ?
Comme tous les humoristes, je pense. Mais c'est normal et je l'assume. Vouloir amuser la galerie n'est pas une forme de légèreté, c'est beaucoup plus profond que ça. Quand vous perdez votre maman à 11 ans, vous vous dites : comment ça se fait que la femme qui m'aime le plus au monde, pour laquelle je suis le plus important, parte si brusquement ? Alors au lieu de pleurer, j'ai choisi de faire rire. Pour combler le manque d'amour.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Micheleillis