C'est grâce à Italo Calvino que Paris s'est imposé. Giuliano da Empoli nous raconte que l'écrivain italien disait qu'il avait « une maison de campagne à Paris ». « Un endroit stimulant mais où il trouvait le recueillement pour écrire et où on lui fichait la paix par rapport à l'Italie ; pour moi, ça a été un peu comme cela au départ », poursuit le romancier alors que nous le retrouvons près de la station Saint-Michel à quelques jours de l'été, sous un ciel gris et plombé à tous points de vue. « Je venais du tumulte de la politique italienne et j'ai trouvé un certain calme à Paris. Mon précédent livre a été écrit ici. Le Mage du Kremlin aussi, en partie. »
Ce dernier, succès critique et public, raconte la vie de Sourkov, conseiller, stratège et éminence grise de Poutine. Avant ce premier roman, le jeune quinquagénaire s'est occupé de la culture à la mairie de Florence, a conseillé le chef de gouvernement Matteo Renzi, dirigé un think tank et écrit Les Ingénieurs du chaos, essai devenu le livre de chevet de nombreux politiques. Alors que la France est en plein marasme politique, il se questionne, du haut du rooftop de l'hôtel où nous réalisons l'entretien, sur le comportement présidentiel. Il se demande comment la France pourra échapper à cette tentation de l'illibéralisme qui a touché l'Italie tout comme de nombreux pays et s'en désole. Il interroge les différents scénarios possibles et nous sourit.