Dette : la France sous anesthésie
Lucie Robequain
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chaque semaine, retrouvez l'édito de Lucie Robequain, directrice des rédactions de « La Tribune ».
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Nous allons rarement chez le médecin avant d'avoir mal. Les pays eux-mêmes attendent souvent d'avoir mal pour s'infliger le traitement de cheval leur permettant de recouvrer la santé financière. Ce fut le cas de la Grèce, soumise à un régime draconien après avoir été violemment attaquée par les marchés. Du Portugal aussi, qui fut contraint de réduire les pensions de retraite et salaires des fonctionnaires pour enrayer la défiance des investisseurs.
La France est loin de se trouver dans la même situation. L'avertissement de l'agence Fitch vendredi soir, qui a passé de « stable » à « négative » la perspective de la note française, n'aura a priori aucune conséquence immédiate : sa dette reste très convoitée sur les marchés et se monnaie même moins cher qu'avant l'été. Ce n'est évidemment pas sa vertu budgétaire qui justifie de telles conditions, mais la baisse générale des taux. Selon toute vraisemblance, la Banque centrale européenne procédera à une nouvelle baisse cette semaine, réduisant d'autant la pression sur nos élus et le gouvernement. Faut-il s'en réjouir ? À court terme oui, car la charge de la dette restera sous contrôle l'an prochain.
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À long terme, certainement pas : cette bienveillance des marchés agit comme un anesthésiant et nous empêche de réduire le train de vie de l'État autant qu'il le faudrait. Oui, il y a urgence à réduire nos dépenses. Non, les marchés ne soutiendront pas éternellement Paris dans son laxisme budgétaire. Fitch accorde d'ailleurs peu de crédit aux promesses de Michel Barnier : elle craint « des pressions additionnelles pour accroître les dépenses » - un euphémisme ! - et table sur encore 5,4 % de déficit l'an prochain.
Lucie Robequain
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