« Écrire est moins difficile que danser » (Emily St. John Mandel, écrivaine)

Anna Cabana
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Emily St. John Mandel
© PHILIPPE MATSAS/LEEXTRA/OPALE.PHOTO

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LA TRIBUNE DIMANCHE - Est-ce parce qu'elle s'affranchit totalement des descriptions technologiques ? Point n'est besoin d'être férue de science-fiction pour être conquise par la délicatesse avec laquelle Emily St. John Mandel déchire l'espace-temps pour mieux se promener au cœur des profondeurs des êtres. Dans La Mer de la tranquillité, l'écrivaine canadienne réinvestit le vieux motif SF qu'est le voyage dans le temps en y insufflant de l'empathie, des points de suspension, de la poésie et de l'ambivalence. Ce roman postapocalyptique commence en 1912 et vous catapulte jusqu'en 2203 puis 2401. Seul point reliant ces trois époques, le bruissement d'un engin volant décollant au moment où se joue une berceuse au violon. On retrouve la romancière aux yeux jaune-brun dans un bistrot parisien, où elle arrive sans manteau - malgré le froid - mais avec sa petite amie et des rangers. Elle s'amuse à commander un café et de l'eau gazeuse dans un français plein de fossettes.
Il y a dix ans, au moment de la sortie en France de Station Eleven, vous fantasmiez à l'idée d'habiter à Paris. Est-ce toujours le cas ?
Anna Cabana
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