À Alger, la rue s’inquiète du bras de fer avec la France
Rahim Bellem
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A Alger, l'inquiétude monte après de nouvelles tensions avec la France
LTD/Rahim Bellem
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A Alger, l'inquiétude monte après de nouvelles tensions avec la France
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Alger n'aime pas qu'on lui dicte sa loi. Surtout quand les leçons viennent de Paris. Glaciales, les relations entre la France et l'Algérie sont devenues polaires ce mercredi quand François Bayrou a engagé l'épreuve de force en fixant un ultimatum pour réexaminer les accords de 1968.
Ce bras de fer enflamme la rue algérienne, qui craint qu'une rupture entre les deux pays ne se transforme en une « punition collective ». Ainsi, Saïd, fonctionnaire de 48 ans installé dans le quartier chic de Télemly, sur les hauteurs de la capitale, retient son souffle quand il évoque ces relations devenues « exécrables ». « Il y a quelques années, quand mon fils a obtenu son visa d'études pour la France, il ne manquait que les youyous tellement ma femme était contente qu'il parte à Paris », raconte-t-il depuis son salon qui offre une vue imprenable sur la baie d'Alger.
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Son épouse, Nadia, enseignante, n'a qu'un rêve : que sa fille décroche son bac et qu'elle entame, à son tour, des études supérieures en France. Elle craint cependant que ce projet ne soit compromis. « On aime profondément la France, mais que faire quand on vous pousse dehors ? » observe-t-elle, désabusée. Son époux la coupe pour parler de l'Algérie d'aujourd'hui. « Qui aurait pensé qu'on puisse dire que c'était mieux sous Bouteflika ? À l'époque, on pouvait manifester, débattre. Désormais, on nous bassine avec la colonisation, les complots marocains... La majorité des Algériens n'ont pas connu la guerre. Pourquoi les embrouiller avec ça au lieu de penser à leur avenir ? »
Rahim Bellem