Alger-Paris-Rabat, triangle isocèle
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Encore une élection présidentielle jouée d'avance en Algérie ? Oui, ce sera de nouveau le cas samedi prochain. Le système militaro-civil qui dirige le pays depuis son indépendance n'a jamais transformé l'essai de la démocratisation du pays entamée en 1988, après des manifestations et des émeutes d'une ampleur inédite. Un tiers de siècle plus tard, le scrutin opposera Abdelmadjid Tebboune, 78 ans, président sortant, à deux figurants, l'un issu de la gauche laïque et l'autre porteur d'un islamisme conservateur compatible avec le régime. Cette élection a été anticipée afin que la campagne - quasi inexistante - se déroule en pleines vacances estivales, et le chef de l'État a choisi comme chef d'équipe son propre ministre de l'Intérieur, c'est dire... Il y a cinq ans, la participation n'avait pas dépassé les 40 % et le candidat du FLN, le parti au pouvoir depuis 1962, l'avait emporté officiellement avec 58 % des voix. Ancien préfet, ancien ministre du président Bouteflika, Tebboune ne peut pas perdre cette réélection. « Il est prisonnier, fondé de pouvoir du système, commente un diplomate français, connaisseur aiguisé du Maghreb. Les militaires le prolongent et il leur est donc redevable. » Ainsi fonctionne l'Algérie cinq ans après la grande révolte du Hirak qui avait conduit au départ de Bouteflika, alors que le vieillard pensait briguer un cinquième mandat.