Les études supérieures sont-elles toujours rentables ?

 |   |  703  mots
(Crédits : DR)
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les études supérieures sont-elles toujours rentables ?

VIDEO

Les études supérieures (les BAC + 5 pour faire vite), c'est le graal pour intégrer le club très fermé des gagnants d'une génération, bien compris comme ceux ayant accès aux carrières les plus rémunératrices et aux plus hautes responsabilités. C'est en partie faux.


Soupe à la grimace


Pour certains diplômés de masters des universités, principalement pour ceux ayant intégré les filières des sciences humaines et sociales c'est la soupe à la grimace. Côté insertion dans la vie professionnelle, pour la promotion 2015, soit 30 mois environ après l'obtention du diplôme, seuls 71% des diplômés en archéologie, ethnologie, préhistoire sont en emplois. En creux, 29% sont donc au chômage ou encore dans l'antichambre de l'emploi. Cela concerne 22% des récipiendaires en philosophie, épistémologie et 19% des diplômés en art. Des emplois bien souvent instables et mal rémunérés, avec des salaires mensuels nets médians s'étalant pour ces trois formations de 1 430 à 1 660 euros après 18 mois de carrière. C'est au-dessus du SMIC, mais en dessous du salaire net médian de l'ensemble des salariés. La mission fondamentale de l'université ce n'est certes pas uniquement de former des futurs employés mais des esprits, de créer et de diffuser la culture, une culture plurielle pas simplement sur les champs disciplinaires les plus pourvoyeurs d'emplois et les plus lucratifs. Mais pas certain que les étudiants de ces filières, ni leur famille, aient été mis au fait de ces chiffres. Première conclusion, l'appareil éducatif génère une surproduction d'intellectuels de plus en plus déconsidérés économiquement et socialement.


L'attractivité des grandes écoles en question


A l'autre bout du spectre, il y a les grandes écoles. Il suffit d'égrener la liste des patrons du CAC 40 pour sans convaincre. La quasi-totalité est issue des écoles les plus prestigieuses, avec comme voie royale, X-ENA-HEC, et derrière cette élite suivent des formations très convoitées, un mélange d'écoles d'ingénieurs (Mines ParisTech, CentraleSupelec, École des Ponts ParisTech), d'écoles de management (INSEAD, ESSEC) et Sciences Po Paris. Pour ces étudiants, sorti du top le plus prestigieux, pas de doute le retour sur investissement, c'est-à-dire l'effort financier consenti par les parents et/ou l'étudiant pour réaliser son cursus vis-à-vis de l'espérance de revenu est gagnant.


Mais il s'agit là du haut du panier. Lorsque l'on élargit le spectre à l'ensemble des grandes écoles (184 au total), le bilan est plus mitigé. Certes, l'insertion dans la vie professionnelle est quasi-parfaite. Moins de 3% des diplômés de la promotion 2015 étaient en recherche d'emploi en 2018, moins de 5% pour la promotion 2016 et 9,2% pour la promo de 2017. Certes aussi, le salaire médian (à environ 2 150 euros net) est 18% supérieur au salaire net médian de l'ensemble des salariés (alors même qu'ils n'ont aucune expérience) et près du double du SMIC. Mais, à ce niveau, il faut beaucoup d'années pour amortir le coût de ses études, autrement dit, la promesse de retour sur investissement n'y est pas.


D'autant, qu'en la matière, certaines filières font mieux que rivaliser. Certains masters sont devenus ultra-compétitifs : dans l'ensemble de la filière droit-économie-gestion, le salaire mensuel net médian atteint 1 900 euros au bout de 18 mois. Idem dans la filière Science-technologie-Santé avec un pic à 2 290 pour le cursus Mathématique. C'est comparable avec la moyenne des grandes écoles qui comme toute moyenne marque de profondes disparités.


Alors, bien sûr les universités n'ont pas la même force de frappe en matière d'ouverture internationale, de réseau d'anciens, de placements de stagiaires. Mais elles sont imbattables en termes de coût de scolarité, 1 000 euros environ pour l'intégralité d'un cursus contre une année de salaire brute pour une grande école soit environ 34 000 euros. Deuxième conclusion. Si le retour sur investissement est imbattable pour les grandes écoles les plus prestigieuses, la question de l'attractivité se pose sérieusement pour beaucoup d'écoles de deuxième rang.

 >> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/04/2019 à 23:10 :
Pour bien analyser il faudrait intégrer les couts d'opportunité.

Les années d'études supérieures c'est 5 années de salaires en moins et/ou un départ en retraite 5 ans plus tard.

Pour la nouvelle génération un master c'est un départ en retraite à 66 ans dans le meilleur des cas (23 ans + 43 ans de cotisations)!
a écrit le 16/04/2019 à 18:12 :
Les études supérieures sont-elles toujours rentables ? Non!
En effet ces études coûtes chères et se terminent pour l'étudiant à un âge avancé avant de rentré dans son activité. (ingénieurs, médecins, chirurgiens etc.)
Il faut juste savoir lire et écrire voir compter un tout petit peu. En effet, si vous allez trop loin et trop haut dans vos études, vous allez avoir des heures pas possibles de travail et des responsabilités. Vous paierez des impôts.
Par contre, en restant en bas de l'échelle sociale en France, vous aurez droits: CMU, allocations diverses, RSA, chèque énergies etc... Vous aurez un temps libre énorme et pas de responsabilité. Vous rentrez dans le système très jeune. Donc cotisation à la retraite aux frais de la société, voir même plus arrivé aux vieille âge EPAD gratos.
Réponse de le 17/04/2019 à 15:27 :
Sans commentaire!
a écrit le 16/04/2019 à 17:25 :
Bizarre cet article, les "grandes écoles" sont loin d'être si chères, même si leur frais ont considérablement augmenté ces dernières années.
Pas très sérieux, fait vite fait sans beaucoup de précaution j'ai l'impression.
Réponse de le 17/04/2019 à 9:26 :
Une bonne école de commerce, c'est entre 10 000 et 15 000 euros par an...
a écrit le 16/04/2019 à 15:42 :
faut regarder plus loin que ca!
tu fais des etudes de commerce, tu vas obligatoirement travailler a paris ou la vie est hors de prix; quand t'as tout laisse dans l'immobilier et les transports, il ne reste rien
vaut mieux etre plombier dans une petite ville de province
cela dit ca n'arrange pas tous ces profs de fac qui votent a gauche et ont besoin de bcp d'etudiants a envoyer a la boucherie pour qu'ils conservent leur poste et leur salaire, pour 126 heures ( 196 heures equivalent td) de dur labeur)
a écrit le 16/04/2019 à 13:56 :
"une année de salaire brute pour une grande école soit environ 34 000 euros"
C'est clairement un amalgame;
Toutes les grandes écoles n'ont pas des frais de scolarité aussi élevé, seules les écoles de commerces et quelques écoles d'ingénieurs le sont.
La majorité des écoles d'ingénieurs sont publiques, avec le même niveau de frais de scolarité que pour la fac.
a écrit le 16/04/2019 à 12:11 :
C'est rentable par le fait d'appartenir a une caste se prenant pour l'élite, avec des échanges élitistes et l'aura virtuelle ne reposant sur rien de concret! Bien pratique a transporter de part et d'autre de notre globe!
a écrit le 16/04/2019 à 11:22 :
d'après Eurostat, le coût de l'Education pour les Français est plutôt raisonnable par rapport aux autres pays développés de l'UE (Is your country expensive ?, Eurostat, 24/08/2018).
alors que les résultats de cette Education sont bons :
- 4 Français dans le top 10 des patrons les plus performants au monde (Harvard Business Review)
- très bonne performance aux Euroskills/Worldskills de ces dernières années
- très bons classements Clarivate Top 100 Global Innovators, Instituts de Recherche les plus innovants au monde (Reuters), Deloitte Tech Fast 500 EMEA, PWC Cities of Opportunity (capital intellectuel/innovation), etc...
- le rapport 'brevets obtenus/demandes de brevets' est meilleur que dans tous les autres pays développés (World Intellectual Property Indicators, OMPI)
- les jeunes diplômés français sont les mieux payés en Europe avec les Suisses (site Internet Emolument, 08/2016)
- faible pourcentage de travailleurs bas salaires (Eurostat). la France tend à remplacer des jobs moyennement qualifiés par des jobs plus qualifiés, alors que le UK tend à remplacer par des moins qualifiés (Financial Times, 19/01/2015)
- 22% des jeunes diplômés français sont sous-employés. 20% au Danemark, 35% en Suède/Irlande, 38% en Espagne ou 58% au UK (Chartered Institute of Personnel & Development, 2015). 43% aux US (Wall Street Journal, 26/10/2018).
etc...
a écrit le 16/04/2019 à 11:08 :
Je dis toujours qu'il est souhaitable et nécessaire de poursuivre jusqu'à obtenir un très bon niveau en culture générale, de cette façon les possibilités de réorientation en cours de vie sont plus ouvertes, l'erreur serait de se spécialiser trop tôt.
a écrit le 16/04/2019 à 10:27 :
"[...] coût de scolarité [...] une année de salaire brute pour une grande école soit environ 34 000 euros"

C'est vrai pour les écoles de commerce, la plupart des écoles d'ingénieurs restent publiques et offrent des frais de scolarité bien moindre, souvent à peine plus élevés qu'à la fac. Et c'est sans compter le fait que les boursiers en sont dispensés.
Réponse de le 16/04/2019 à 15:03 :
C'est pas toujours vrai. Et les aides ne couvrent qu'une partie des frais. Certaines écoles d'ingénieurs entre autres ne font qu'une ristourne. Ma fille a dû payer 1800 euros pour un an au lieu de 2400. La dessus vous rajoutez le logement les repas et tous les faux frais... ça fait vite un max de budget. Et sa dernière année se faisant à Londres elle va devoir emprunter 30000 euros au moins (logement 1000,tube 140,bouffe 400,etudes 16000/an,etc...)
a écrit le 16/04/2019 à 10:20 :
Le monde universitaire s'en tient toujours à une époque aujourd'hui révolue depuis la fin des années 40 où l'université était un lieu de transmission du savoir .
Le discours de certains prof est toujours le même : " nous sommes là pour transmettre notre savoir et pas pour apprendre à nos étudiants à trouver un emploi "
C'est ce que j'appelle la génération Jean d'Ormesson où seul 20% d'une classe d'âge faissait des études supérieures autant pour se cultiver pour en vivre ....alors que de nos jours un étudiant espère vivre de ses connaissances et encore plus de ses compétences .
a écrit le 16/04/2019 à 10:16 :
Le monde universitaire s'en tient toujours à une époque aujourd'hui révolue depuis la fin des années 40 où l'université était un lieu de transmission du savoir .
Le discours de certains prof est toujours le même : " nous sommes là pour transmettre notre savoir et pas pour apprendre à nos étudiants à trouver un emploi "
a écrit le 16/04/2019 à 10:08 :
Moralité : les diplômes ne sont pas des rentes.
Qu'on se le dise.
a écrit le 16/04/2019 à 9:58 :
Bonjour,

Je vous signale une faute d'orthographe : « Il suffit d'égrener la liste des patrons du CAC 40 pour sans convaincre. » -> « s'en » convaincre

(vous pouvez supprimer mon commentaire après avoir corrigé)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :