La victoire est acquise, seul le score qu'il va s'octroyer reste inconnu. À 70 ans, Alexandre Loukachenko se présente aujourd'hui et pour la septième fois d'affilée à la présidentielle en Biélorussie. Face à lui, seuls quatre concurrents - de façade - ont été autorisés à participer. La cheffe des forces démocratiques biélorusses en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, dénonce un « simulacre » d'élection « menée dans une atmosphère de terreur ».
Le dirigeant, au pouvoir depuis trente et un an, n'entend pas revivre le scénario de 2020 : dès l'annonce des résultats officiels lui octroyant 80 % des votes, une mobilisation d'une ampleur inédite avait gagné le pays. Pendant près de quatre mois, des centaines de milliers de Biélorusses sont sortis pacifiquement dans les rues de Minsk pour réclamer le départ du chef de l'État et la tenue d'élections libres, estimant que la victoire avait été volée à Svetlana Tikhanovskaïa. L'opposante de 42 ans s'était présentée à la place de son mari, Sergueï Tikhanovski, que le régime avait arrêté afin de l'empêcher de participer au scrutin. Il a depuis été condamné à dix-huit ans de prison.
Les autorités ont maté la contestation populaire par de terribles violences policières et l'arrestation de dizaines de milliers de Biélorusses ayant participé au mouvement. Selon l'ONG de défense des droits de l'homme Viasna, 3 697 personnes ont reçu une peine d'emprisonnement et plus de 1 300 prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux, détenus dans des conditions très dures : mauvais traitements, torture, manque de soins... Les figures de l'opposition les plus connues sont soumises à un isolement total, sans contact ni avec leurs proches ni avec leur avocat. Au moins sept prisonniers politiques sont morts en détention depuis 2021.