À la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, les haut-parleurs sont un symbole. D'un côté, des sons stridents et métalliques, des cris, des sirènes, tout un arsenal sonore destiné aussi bien à brouiller les ondes qu'à causer du stress aux habitants. De l'autre, de la K-pop et des bulletins d'information.
Depuis son élection le 4 juin, le président démocrate sud-coréen, Lee Jae-myung, a multiplié les initiatives pour relancer le dialogue avec son voisin du Nord, arrêtant les émissions de radio, rapatriant les pêcheurs nord-coréens ayant dérivé, pour finalement démanteler ses propres haut-parleurs. Peu après, l'armée sud-coréenne annonçait des mouvements similaires côté Nord. Mais il ne s'agissait que d'une détente sonore. Pyongyang, par la voix de Kim Yo-jong, la puissante sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a immédiatement nié un retrait : « Nous n'avons pas l'intention de les retirer. L'espérer n'est qu'un rêve stupide. »
Dans l'attitude du Sud, Lee Jong-eun, professeur assistant en sciences politiques à l'université North Greenville, aux États-Unis, voit un « calcul stratégique » : « Séoul veut transmettre des signaux conciliants en amont de futurs pourparlers entre les États-Unis et la Corée du Nord, analyse-t-il. Car ses efforts seuls ne peuvent suffire à amorcer une percée diplomatique. »