Gaza, année zéro
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Des Palestiniens, déplacés de Beit Lahia, arrivent à Jabalia, dans le nord de Gaza, mercredi.
LTD/OMAR AL-QATTAA/AFP
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Des Palestiniens, déplacés de Beit Lahia, arrivent à Jabalia, dans le nord de Gaza, mercredi.
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Elle a fui sans rien. Ni vêtements ni objets. Même pas l'orthèse de son genou droit fracassé par un bombardement il y a un an exactement. Amputée de l'autre jambe, Hedaya Samara est partie comme elle a pu, sur sa chaise roulante dans les rues défoncées, avec ses trois garçons, ses trois filles et son mari.
« Les enfants, les vieillards, les femmes, tout le monde courait dans la rue, au milieu des cris, des pleurs, dans la panique, raconte cette habitante du camp de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. Des bombes tombaient. » C'était le 6 octobre dernier. Pour la troisième fois en un an, l'armée israélienne lançait une opération militaire contre ce camp de réfugiés et ses environs, à Beit Lahia et Beit Hanoun.
Tsahal a ordonné aux habitants d'évacuer la zone vers le sud. Selon l'ONU, plus de 100 000 habitants sur les 175 000 en seraient partis. Mais la famille de Hedaya Samara a refusé d'obéir. « On ne veut pas vivre sous des tentes qui prennent l'eau quand il pleut ou qui brûlent quand des bombes tombent, explique la jeune femme de 34 ans, réfugiée dans l'appartement de ses parents.
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De toute façon, aucun endroit n'est sûr à Gaza. » Au rez-de-chaussée d'un immeuble, dans le quartier encore épargné de Raouda, dans la ville de Jabalia, les trois pièces abritent désormais 29 personnes. La maison de famille de Hedaya, dans le camp, a été réduite en cendres. « Elle a été détruite, raconte-t-elle. C'était chez nous, là où nos enfants sont nés, où on a tous nos souvenirs. Je ne l'aurais échangée pour rien au monde, même pas un palais. Il ne nous reste plus rien. »