ENTRETIEN EXCLUSIF – Avec la mort du chef du Hamas, Sébastien Lecornu estime qu’Israël a rempli son objectif. Il s’indigne aussi des attaques de Tsahal contre les Casques bleus au Liban.C'est sous une pluie battante que Sébastien Lecornu est arrivé vendredi soir à Naples pour assister ce week-end à la réunion des ministres de la Défense du G7, la première du genre. Une météo de circonstance tant les nuages autour de la sécurité mondiale s'accumulent : tensions entre la Chine et Taïwan, conflit en Ukraine et bien sûr guerre au Proche-Orient, où malgré l'élimination mercredi du chef du Hamas, Yahya Sinouar, les bombardements se poursuivent à Gaza et l'escalade au Liban entre le Hezbollah et Israël va croissant. Pour La Tribune Dimanche, le ministre des Armées revient sur ces dossiers brûlants. Et met en garde l'État hébreu contre le non-respect du droit international et le risque d'un conflit généralisé au Moyen-Orient.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment réagissez-vous à la mort de Yahya Sinouar ?
SÉBASTIEN LECORNU - Incontestablement, c'est un tournant dans la guerre à Gaza. C'est d'abord une victoire militaire pour les Israéliens. S'il est apparu que certains objectifs de guerre de Tsahal pouvaient être flous, celui de la neutralisation de la tête pensante des attentats du 7-Octobre était clair. Il est atteint. Cela redonne une perspective immédiate sur la libération des otages. Mais cette élimination, comme tout succès militaire, doit nourrir un agenda politique.
Sa mort doit-elle signifier la fin de la guerre à Gaza ?
Oui, elle doit maintenant s'arrêter, elle n'a que trop duré au regard du nombre de victimes civiles. Cela ne veut pas dire que toutes les questions de sécurité pour Israël sont réglées. Mais il est clair que le gouvernement israélien doit trouver le moyen de réengager les autorités palestiniennes et les partenaires arabes de la région. Elle doit aussi permettre de faire à nouveau entrer de l'aide à Gaza, car la situation humanitaire et sanitaire y est actuellement très critique.
Propos Recueillis Par Antoine Malo