Une « période grave ». C'est ainsi que le Premier ministre socialiste Múte Bourup Egede a décrit l'épisode que vivent les Groenlandais depuis que le président Donald Trump a renouvelé ses prétentions sur leur île en janvier. C'est « une période comme nous n'en avons jamais connu dans notre pays », a ajouté le chef du gouvernement le 4 février, en appelant à des élections générales anticipées dans ce territoire sous souveraineté danoise. À l'origine prévues en avril, elles se tiendront ce mardi.
Avec respectivement 31 % et 21,9 % d'intentions de vote, les deux partis au gouvernement, Inuit Ataqatigiit (« communauté du peuple ») du Premier ministre et Siumut (« en avant », social-démocrate), sont en tête des sondages pour ces législatives. Ils prônent tous deux l'indépendance du territoire, enjeu clé de la campagne.
« La question de l'indépendance du Danemark n'avait jamais été le marqueur principal des campagnes électorales depuis quinze ans, même quand les partis indépendantistes étaient au pouvoir, explique Mikaa Blugeon-Mered, chargé d'enseignement en géopolitique des pôles et de l'outre-mer à Sciences-Po. Cette question est devenue aujourd'hui le sujet de préoccupation numéro un, notamment à cause de Trump. Les déclarations du président américain ont accéléré la possibilité d'indépendance. »
Grand comme trois fois la France, le territoire autonome du Nord est en effet redevenu l'objet des convoitises du républicain. Lors de son premier passage à la Maison-Blanche, le milliardaire lorgnait déjà le Groenland, proposant en 2019 de le racheter à Copenhague.