Avec la guerre en Ukraine, la mer Baltique s’est transformée en une zone de conflictualité entre Moscou et les alliés de Kiev. Actes de malveillance et manœuvres d’intimidation s’y multiplient.C'est le dernier sabotage d'une longue série. Le 26 janvier, un câble de fibre optique sous-marin reliant l'île suédoise de Gotland à la Lettonie est endommagé. Immédiatement, les marines lettone et suédoise déploient des navires sur zone. Deux cargos, dont un avec une ancre abîmée, sont suspectés. Tous deux battent pavillon maltais.
Tous deux, surtout, ont un lien avec la Russie. L'un, le Vezhen, venait de quitter le port d'Oust-Louga, en Russie, tandis que l'autre, le Michalis San, faisait cap vers les côtes russes. Pour Riga, à qui appartenaient ces câbles servant au centre national de radio et de télévision, cela ne fait aucun doute : ce énième acte de malveillance est l'œuvre de Moscou, une nouvelle démonstration de la guerre hybride que le Kremlin mène aux alliés de l'Ukraine.
Ainsi vit la Baltique depuis des mois. Au rythme des sabotages, des intimidations et des patrouilles renforcées des flottes des pays de l'Otan. Avec le conflit en Ukraine, cet espace maritime de près de 400. 000 kilomètres carrés hautement stratégique est devenu une zone de confrontation, de guerre fantôme entre les deux blocs.
Le premier incident majeur est survenu en septembre 2022 avec l'explosion des gazoducs Nord Stream 1 et 2, reliant la Russie à l'Allemagne. Si les auteurs du forfait n'ont jamais été arrêtés, une enquête des services allemands pointait des agents ukrainiens. Depuis, c'est Moscou qui est soupçonné d'être derrière les sabotages de la douzaine de câbles qui ont eu lieu dans ces eaux internationales.
L'enclave russe de Kaliningrad constitue la principale cause des mouvements stratégiques en cours.
Kilian Bigogne, envoyé spécial à Gdansk