En mer Baltique, l'impossible cohabitation entre éoliennes et défense
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Il est l'illustration du conflit opposant parfois l'écologie au contexte géopolitique. En mer Baltique - qui borde les pays du nord de l'Europe -, pas moins de 13 projets de parcs éoliens offshore ont été annulés par la Suède, au début du mois de novembre. Leurs permis de construction n'ont pas été octroyés, car « ils auraient eu un impact inacceptable » sur la défense de ce pays scandinave, avait expliqué la ministre suédoise de l'Environnement Romina Pourmokhtari.
Pour ce faire, le gouvernement s'était appuyé sur une étude réalisée par les forces armées. Ce mercredi, ces dernières ont justifié leur verdict, reprenant les mêmes éléments de langage. « Les forces armées suédoises ont été claires dans leur évaluation concernant l'énergie éolienne offshore dans la mer Baltique. Elle entraînerait des risques inacceptables pour la défense de notre pays et de nos alliés », ont-elles expliqué dans un courriel transmis à l'AFP.
Concrètement, selon l'étude, ces 13 projets pouvaient significativement perturber les capteurs de la défense suédoise en mer Baltique. De fait, les tours et pales rotatives des éoliennes émettent des échos radar. Résultat, elles produisent des interférences, notamment sous l'eau. Ce qui affecte, par exemple, les capacités à détecter de potentiels sous-marins.
Ainsi, s'ils avaient été maintenus, les 13 parcs éoliens en mer auraient retardé la détection d'une attaque de missiles, balistiques ou de croisière, appuie le ministre de la Défense, Pål Jonson. Au vu de « la situation sécuritaire grave que connaît actuellement la Suède, les intérêts de la défense doivent peser plus lourd dans la balance », avait-il souligné. Ce que confirment les forces armées suédoises ce mercredi. « Nous ne pouvons plus accepter un quelconque risque pour notre capacité de défense », appuient-elles. Et d'ajouter : « Il est essentiel de pouvoir détecter les menaces (et) notre système de capteurs joue un rôle crucial à cet égard ».
Ces projets se révélaient aussi problématiques de par leur position géographique. Ils étaient en effet prévus sur une zone s'étendant de Åland, au nord de la Suède, jusqu'à Öresund, au sud. Et donc à quelques encablures seulement de l'enclave russe de Kaliningrad, « hautement militarisée », selon Pål Jonson.
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Reste que l'annulation de ces 13 projets n'est pas sans conséquence pour l'avenir énergétique de la Suède. D'autant que les sources renouvelables figurent parmi les priorités du pays. Sur les 24 projets offshore initialement mis sur la table par le gouvernement suédois, désormais, il n'en reste plus que 11. Or, la consommation d'électricité du pays scandinave pourrait doubler d'ici à 2045, atteignant au moins 300 TWh d'ici à 2045, selon l'exécutif.
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Selon le ministre de la défense, les zones situées au large de la côte sud-ouest de la Suède et de la baie de Botnie sont mieux adaptées aux projets d'éolien en mer. Un projet a d'ailleurs récemment obtenu le feu vert du gouvernement. Baptisé « Poseidon », il doit prendre place sur la côte sud-ouest de la Suède, au large de Stenungsund.
(Avec AFP)
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