La chronique de François Clemenceau. Allô, Tian’anmen ?
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Au jeu des miroirs déformants, les deux parties de bras de fer engagées par la Maison Blanche le 5 juin cumulent toutes les différences. Il n'y a rien de comparable entre la bataille d'ego extrêmes que continuent de se livrer Donald Trump et Elon Musk et la partie de poker aux conséquences mondiales que le président américain a relancée jeudi lors de son appel téléphonique à son homologue chinois, Xi Jinping. Dans le premier cas se joue l'avenir politique du mouvement Maga aux États-Unis tandis que débutent les campagnes des primaires pour les élections de mi-mandat de l'an prochain. Dans le second cas, c'est l'avenir géo-économique du monde qui est en jeu.
Oui, depuis 1989, la Chine communiste est devenue la deuxième puissance économique mondiale. Trois ans après l'effroyable massacre perpétré par l'armée populaire de libération contre les étudiants démocrates de la place Tian'Anmen, le président chinois de l'époque, Deng Xiaoping, déclarait déjà : « Le Moyen-Orient a le pétrole, nous avons les terres rares. » Incroyable prémonition qui nous ramène au coup de téléphone d'une heure et demie cette semaine entre Donald Trump et Xi Jinping, « à la demande du président américain », précise-t‑on à Pékin.
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La guerre commerciale déclenchée par Trump contre la Chine dès le 4 février a fait monter les tarifs douaniers imposés par les États-Unis aux exportations chinoises de 10 % jusqu'à 145 % avant qu'ils ne redescendent début mai à 30 % pour une durée de trois mois, le temps de négocier avec la Chine des termes plus avantageux pour Washington.
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