La chronique de François Clemenceau. Erdogan, un stratège trop autonome
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Cette semaine, François Clemenceau se penche sur le président turc Recep Tayyip Erdogan et son jeu géopolitique.
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Cette semaine, François Clemenceau se penche sur le président turc Recep Tayyip Erdogan et son jeu géopolitique.
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C'était vendredi matin, entre deux appels à la prière qui retentissent dans tous les quartiers d'Ankara et d'Istanbul. Dans les rangs de l'armée et de la police, encore une cinquantaine d'arrestations de personnes suspectées d'avoir gardé des liens avec les organisateurs du putsch de 2016. Ces neuf dernières années, Erdogan a purgé les institutions comme jamais, mais il continue de considérer qu'une partie de l'état profond complote pour le faire chanceler.
À Istanbul, une quarantaine d'arrestations également, mais cette fois-ci dans l'entourage du maire de la mégapole, Ekrem Imamoglu, le candidat de l'opposition jeté en prison il y a deux mois. Parmi les personnes arrêtées, son assistante, mais aussi le chef de son service de sécurité. Sans compter les spoliations et les intimidations qui visent les familles de tous ces embastillés. Imamoglu est soupçonné de corruption et de terrorisme, son diplôme universitaire a été jugé invalide, et il ne peut donc se présenter à la présidentielle de 2028.
Si Erdogan se donne tous les moyens pour durcir son régime, dont le but est de faire perdurer l'islamisme et le culte de sa personnalité, c'est parce qu'il sait que pas grand monde ne viendra lui faire la leçon et le menacer de sanctions pour ses méthodes. Car, à l'extérieur, le néosultan, comme le qualifient ses détracteurs, s'est rendu de plus en plus incontournable.
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Au séminaire annuel de l'Institut du Bosphore, qui s'est tenu jeudi et vendredi à Istanbul, une organisation favorisant le dialogue et les affaires entre la France, la Turquie et l'Europe, nombre d'invités ont tenté de plaider en faveur de la nécessité d'arrimer de nouveau la Turquie à l'Europe. Non pour l'intégrer - ce n'est plus vraiment d'actualité depuis vingt ans -, mais pour éviter de la voir se rapprocher de la Russie sur le plan stratégique et de la Chine sur le plan économique.