C'est le chef de la diplomatie ukrainienne qui l'a annoncé il y a une dizaine de jours : la visite à Kiev que devait effectuer le général Kellogg, émissaire choisi par Donald Trump pour gérer le dossier Ukraine-Russie, est reportée. À Mar-a-Lago, il est probable que le dossier des otages du Hamas était jugé prioritaire, avec des envoyés spéciaux de Trump sur le terrain depuis des semaines.
Est-ce aussi parce que l'équipe de Vladimir Poutine n'était pas prête à recevoir Keith Kellogg dans la foulée d'un voyage à Kiev ? Toujours est-il qu'au début de la semaine dernière, le général de 80 ans se montrait plus réaliste. « Je pense qu'ils parviendront à une solution à court terme, confiait-il à Fox News en évoquant Trump, Poutine et Zelensky. Quand je dis court terme, je pense à un objectif que je m'assigne personnellement, en tant que professionnel, disons cent jours. Si on peut parvenir dans ce délai à trouver une solution solide et durable pour en finir avec la guerre, alors nous mettrons un terme à ce carnage. »
Mais qui est donc ce « professionnel » capable de transformer un slogan de campagne en un agenda plus raisonnable, même si, en diplomatie, une durée de trois mois tient plutôt du sprint que du marathon ? Keith Kellogg connaît bien son Trump. Il l'a pratiqué pendant le premier mandat de 2017 à 2021, d'abord comme secrétaire général du Conseil national de sécurité avant de devenir le conseiller stratégique du vice-président Mike Pence.