La chronique de François Clemenceau. Le Golfe dans tous ses états
François Clemenceau
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Entre le début du printemps syrien en 2011 et sa fuite à Moscou en 2024, le président Bachar El-Assad s'est rendu sept fois en Russie et trois fois en Iran. Le premier autre pays où il a été accueilli en 2022 étaient les Émirats arabes unis. À l'époque, le président Mohammed Ben Zayed avait expliqué qu'il s'agissait de « contribuer à la sécurité, la stabilité et la paix dans le monde arabe et au Moyen-Orient ». À vrai dire, le rapprochement entre Abou Dhabi et Damas datait de quatre ans plus tôt, lorsque les Émirats avaient rouvert leur ambassade sur place.
Mais, pour bien signaler que les temps étaient à la normalisation, Mohammed Ben Zayed déroula à nouveau le tapis rouge pour Bachar El-Assad en mars 2023, en faisant même tonner le canon d'honneur du palais. Deux mois plus tard, la Ligue arabe réadmettait la Syrie au sein de son instance lors de son sommet des chefs d'États à Djeddah. Seul le Qatar refusa de participer à cette réhabilitation. Autant dire que, depuis une semaine, les monarchies du Golfe sont à nouveau en pleins désarroi et dissension sur l'arrivée au pouvoir des islamistes en Syrie.
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Au point que, dans son discours d'accueil de la World Policy Conference (WPC) organisée ce week-end à Abou Dhabi par l'Institut français de relations internationales (Ifri), la secrétaire d'État aux Affaires étrangères Noura Al-Kaabi n'a pas prononcé une seule fois le mot « Syrie ». Il aura fallu attendre le lendemain pour que le conseiller diplomatique du cheikh Ben Zayed, Anwar Gargash, aborde le sujet. Mais avec un discours très attentiste, teinté « d'espoir et d'inquiétude », des mots identiques à ceux qu'il avait prononcés une semaine plus tôt au Dialogue de Manama au Bahreïn, organisé par un autre think tank international.
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