Un potentat sanguinaire, le fameux « boucher de Damas », désormais réfugié « à titre humanitaire » chez son parrain russe après une offensive éclair de la rébellion islamiste. Un apprenti dictateur à deux doigts de réussir son pari à Séoul, mais qui doit maintenant, sous la pression populaire et judiciaire, se soumettre ou se démettre.
Quelques mois plus tôt, une dirigeante à la main de fer au Bangladesh, Sheikh Hasina, au pouvoir depuis quinze ans, obligée de quitter sa présidence pour aller trouver asile chez son allié indien, après des manifestations étudiantes protestant contre des mesures de quota pour les emplois publics en faveur des enfants des membres du parti au pouvoir. Le temps des dictateurs et des régimes autoritaires serait-il en déclin ?
Mathématiquement, ce serait plutôt le contraire si l'on en croit une passionnante étude publiée en Allemagne au printemps dernier par la Fondation Bertelsmann. Dans ce rapport de 5 000 pages coécrit par 300 chercheurs de 120 pays, la démocratie est en recul dans le monde. Il ne subsisterait sur la planète qu'une soixantaine de nations où règne l'État de droit, dans le cadre d'alternances au pouvoir fondées sur des élections pluralistes et transparentes.
À l'inverse, plus de 70 pays sont désormais qualifiés de « dictatures », où la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice et des médias ainsi qu'une opposition respectée sont tout simplement inexistantes. L'autre défi tient, bien sûr, aux régimes « hybrides », qui ne sont ni des démocraties résistantes ni des autocraties absolues. Ne voit-on pas, élection après élection, en Occident comme ailleurs, que le basculement d'un système à l'autre est devenu plus fréquent, parfois même plébiscité par le suffrage universel ?