La chronique de François Clemenceau. Macron, le rôle et les moyens
François Clemenceau
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Il ne cesse de le répéter depuis sept ans. Que ce soit aux Nations unies ou à la traditionnelle conférence annuelle des ambassadeurs - il inaugurera finalement demain, avec plus de quatre mois de retard, celle qui devait avoir lieu fin août. « Il n'y aura pas de prospérité sans sécurité, et la France, par sa puissance diplomatique et militaire, à cet égard, a toujours un rôle à jouer », a affirmé mardi soir le chef de l'État. Certes, mais comment agir en Europe et dans le monde pour défendre les intérêts de l'Union européenne, qui sont aussi les nôtres, alors que nos partenaires nous posent la question, avec insistance depuis 2022, de savoir quels sont nos leviers, quel est notre vrai poids politique et économique ?
Ce concept de « rôle à jouer » rappelle ce que disait déjà l'ancien chef de la diplomatie Laurent Fabius - précisément aux ambassadeurs - en 2012 : « Le poids d'un pays n'est pas exactement la même chose que son rôle, mais l'écart entre les deux ne peut pas être durablement massif. C'est pourquoi la priorité économique est majeure. » Emmanuel Macron en est d'ailleurs toujours convenu.
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« Il n'y a pas de diplomatie forte s'il n'y a pas une économie forte, disait-il en septembre 2022 aux ambassadeurs, quelques mois après avoir perdu sa majorité absolue à l'Assemblée nationale. Les gens vous regardent, ils regardent vos armées [...]. Ça, on l'a. Ils regardent votre économie. [...] Mais enfin, on est loin du compte. La diplomatie doit servir cet agenda [...]. Parce que plus le pays sera fort économiquement, plus nous aurons une capacité à rayonner, installer, développer notre force. » Le poids et le rôle, le spread, cet écart entre l'objectif et les moyens, entre l'idéal et la réalité. Entre-temps, la majorité relative s'est encore rétrécie, tandis que la dette publique abyssale continuait d'augmenter.
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