La chronique de François Clemenceau. Vive les deux Europe !
François Clémenceau
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LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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N'en déplaise à ceux qui veulent l'enterrer ou la paralyser, l'Union européenne n'est pas morte, loin de là. Mais force est de reconnaître que, depuis des décennies, elle ne se réforme que dans la douleur des crises majeures. Ce fut le cas lors du choc fi nancier des années 2007-2008, pendant la pandémie de Covid et à la suite de l'agression russe contre l'Ukraine en 2022. Les réactions ont été salutaires, jamais assez rapides aux yeux des impatients, trop souvent retardataires face aux provocations et aux diktats.
Dans le cas de l'Ukraine, le tempo des dictatures n'est pas celui des démocraties civilisées, surtout lorsqu'on a perdu trop de temps pour savoir s'il fallait ou non se réarmer. Dans ce dernier quart de siècle, il exista jusqu'en 2016 d'autres forums de coordination qui, avec l'Union européenne, permettaient de faire front dans le cadre d'une solidarité transatlantique.
Que ce soit aux Nations unies, à l'Otan, au G7 ou au G20. Mais la première présidence Trump nous a appris que ces exercices pouvaient devenir vains. En novembre 2019, n'est-ce pas Emmanuel Macron qui, à propos de l'attitude des États-Unis et de la Turquie en Syrie et en Méditerranée, déclarait que l'Alliance atlantique était déjà en état de « mort cérébrale » ?
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Alors, le 6 novembre, dans les douze heures qui ont suivi la seconde élection de Donald Trump, les ministres allemand et français de la Défense sont convenus qu'il fallait sortir des carcans pour être plus agiles et réactifs. Il fallait phosphorer et agir entre puissances majeures de l'arc européen.
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