La chronique de François Clémenceau. Retenir les Turcs, sauver les Kurdes
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Évidemment, deux mois écoulés depuis la prise de pouvoir à Damas des rebelles islamistes après une offensive éclair partie d'Idlib, c'est très peu, et toutes les difficultés de la Syrie post-Assad ne seront pas résolues ni dans deux ans ni probablement dans vingt ans. La guerre, les massacres, la terreur, l'impunité ont laissé des blessures béantes qui ne cicatriseront pas de sitôt.
C'est pourquoi tous les efforts visant à aider la Syrie à se relever sont importants. La conférence de Paris, qui succède à celles qui se sont déroulées à Riyad le mois dernier et à Aqaba à la mi-décembre, vise à élargir et mieux coordonner le soutien au peuple syrien. Par où commencer ? Par l'aide humanitaire internationale, dont les procédures n'ont pas changé depuis la chute du régime de Bachar El-Assad, c'est-à-dire qu'elles sont toujours soumises à une bureaucratie tatillonne, corrompue et méfiante ?
Le déminage des zones les plus touchées par les bombardements russes et l'artillerie rebelle, comme à Idlib ? La lutte contre-la-montre dans la neutralisation des sites de recherche et de production d'armes chimiques utilisées par la dictature, pour éviter qu'elles tombent dans les mains de Daech, qui n'a pas dit son dernier mot ? La violence et l'insécurité qui continuent de gangrener la frontière libanaise, aux prises avec les trafiquants de Captagon, cette drogue qui a enrichi le clan de Bachar El-Assad ?
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À toutes ces questions, les bailleurs de fonds de la nouvelle Syrie tenteront de répondre avec méthode. L'Union européenne, les grandes agences des Nations unies, les représentants du G7 essaieront de se coordonner pour être le plus efficaces possible. Mais tout dépendra naturellement de la réponse politique apportée par les autorités syriennes aux demandes d'inclusivité et de pluralisme posées par les pays arabes de la région, la Turquie voisine ainsi que les Occidentaux.