Les lignes rouges de Zelensky
Paul Le Duff, correspondant à Kiev
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Volodymyr Zelensky, le 22 août 2025.
LTD / Thomas Peter / Reuters
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Volodymyr Zelensky, le 22 août 2025.
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Il s'agit là d'un message clair ou alors d'un méchant jeu de dupes. Quatre jours après la réunion à Washington entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, l'armée russe a déversé 574 drones kamikazes et 40 missiles sur l'Ukraine, meurtrissant notamment Lviv mais aussi Moukatchevo. Dans cette bourgade tranquille jouxtant la frontière hongroise, jusqu'ici épargnée, deux missiles de croisière ont pulvérisé l'usine américaine Flex, un fabricant de produits électroménagers, le principal site industriel de la région, qui emploie 600 personnes.
L'attaque a fait 19 blessés. Selon Andy Hunder, le patron de la Chambre de commerce américaine en Ukraine, qui s'est rendu sur place, « il ne s'agit là pas seulement d'une attaque contre l'Ukraine, mais aussi d'une attaque et d'une humiliation contre les entreprises américaines ».
Pendant que les espoirs en Occident sur une rencontre bilatérale Poutine-Zelensky s'amenuisent - même Donald Trump le 22 août a acté la mésentente entre les deux hommes en les comparant à l'« huile et [au] vinaigre » -, la guerre redouble. Les Russes ont repris leurs campagnes sur des infrastructures civiles en Ukraine et revendiqué la prise de deux nouveaux villages dans la région de Donetsk samedi 23 août, tandis que Kiev cible méthodiquement les raffineries et les oléoducs, au point d'avoir endommagé 15 % de la capacité pétrolière russe.
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« Poutine n'est pas près de rencontrer Zelensky, il n'y a qu'une seule personne très naïve qui y croit, c'est Donald Trump, qui a totalement cru Poutine sur cette opportunité de pourparlers », estime Ivan Yakovina, journaliste russe installé de longue date à Kiev. Il prédit que la situation va provoquer « irritation et agacement » à Washington, alors que Trump a annoncé qu'il repoussait de deux semaines toute décision dans ce dossier.
Paul Le Duff, correspondant à Kiev