Les frappes aériennes américaines et israéliennes contre le programme nucléaire iranien ont provoqué un séisme géopolitique dont la portée ne se limite pas à l'affaiblissement du régime de Téhéran. Avec le retour de la puissance américaine au Moyen-Orient, Donald Trump s'offre de nouvelles occasions de modifier l'échiquier régional, qu'il s'agisse d'une normalisation diplomatique entre Israël, Syrie et Arabie saoudite, voire un compromis imminent entre le Hamas et l'État hébreu.
Pour La Tribune Dimanche, le contre-amiral Mark Montgomery, trente-deux ans de carrière dans la Navy, revient sur cette « guerre des douze jours » et ses conséquences dans la région, mais aussi sur la confrontation qui oppose Washington à la Chine.
LA TRIBUNE DIMANCHE — La « guerre de douze jours » avec l'Iran avait pour but d'empêcher la production d'armes nucléaires par Téhéran. Le raid du 22 juin sur le site souterrain de Fordo a-t-il réussi ?
MARK MONTGOMERY — Oui, nous allons découvrir que la campagne aérienne israélienne et les frappes américaines ont réussi à enrayer le programme nucléaire iranien pour des années, et non seulement quelques mois. Les Israéliens s'en sont pris aux scientifiques, aux généraux, aux sites de stockage de données, aux laboratoires de recherche et développement. Ces destructions ont été rendues possibles par l'élimination préalable des systèmes de défense antiaérienne iraniens. J'aurais souhaité qu'on laisse trois à six jours de plus aux Israéliens pour continuer à cibler les chaînes logistiques et l'outil industriel de défense iranien, tout en prolongeant l'attrition des missiles balistiques à courte (300 à 1. 000 kilomètres de portée) et moyenne portée
(1. 000 à 3. 000 kilomètres) et leurs lanceurs.