LA TRIBUNE DIMANCHE - Sur fond de tensions géopolitiques et commerciales inédites, le monde subit des chocs multiples depuis le début de l'année. Comment l'économie française traverse-t-elle cette période d'incertitudes ?
ÉRIC LOMBARD - Dans un monde hostile, la France résiste. Les entreprises continuent d'investir, l'emploi se maintient, notre pays demeure attractif pour les investissements étrangers, comme on l'a vu autour du Président de la République à Choose France et lors du Sommet pour l'Intelligence artificielle. Dans ce monde de chocs et malgré l'instabilité politique, la croissance française peut rebondir, j'en suis convaincu. Car ce contexte de prédation est paradoxalement propice pour l'Europe. À condition de faire les bons choix maintenant : la compétitivité, la stabilité fiscale et l'investissement dans l'innovation.
La crise entre l'Iran et Israël fait-elle planer la menace d'un nouveau choc pétrolier ?
Après les premières tensions sur les marchés, on est loin d'un choc pétrolier. Le principal risque viendrait de la fermeture du Détroit d'Ormuz, mais c'est une arme de dernier recours pour l'Iran qui y fait passer le pétrole qu'elle exporte. Le nouveau pipeline en Arabie Saoudite a rendu le marché bien moins sensible au risque d'un blocage des exportations. Par ailleurs, les stocks stratégiques français de pétrole sont suffisants et nous permettent de faire face. À 68 dollars le baril, le marché est en phase avec ce qui était anticipé. Je ne vois pas de risque d'une reprise de l'inflation liée aux coûts de l'énergie, comme cela a été le cas la première année de l'invasion russe en Ukraine.