ENTRETIEN — Comme une partie du pays, la cheffe de l’État est entrée en résistance contre le nouvel exécutif prorusse, qui a suspendu les négociations pour rejoindre l’Union européenne.
En Géorgie, les jours passent et la colère demeure. Pour la dixième nuit d'affilée et malgré de nombreuses arrestations, plusieurs milliers de protestataires proeuropéens ont manifesté hier dans les rues de Tbilissi pour demander le départ du gouvernement. D'abord accusé d'avoir truqué les législatives de fin octobre, le parti au pouvoir est désormais contesté pour avoir suspendu les discussions d'adhésion à l'UE.
Présidente sans pouvoirs réels, Salomé Zourabichvili est devenue l'un des porte-voix de la résistance. Pour La Tribune Dimanche, cette ancienne diplomate du Quai d'Orsay, qui était hier à Paris pour la réouverture de Notre-Dame, revient sur une lutte qu'elle juge « existentielle ».
LA TRIBUNE DIMANCHE - Cette semaine, la Cour constitutionnelle a refusé l'invalidation des élections législatives que vous et l'opposition demandiez. Avez-vous perdu le combat ?
SALOMÉ ZOURABICHVILI - Pas du tout, car ce combat, c'est avant tout le peuple qui le mène. Ce qui est perdu, c'est cette chance unique qu'avaient les trois juges de la Cour de ramener le pays dans le schéma constitutionnel, de trouver une issue rapide et pacifique à cette crise politique profonde que nous traversons.
Vous appelez donc la population à poursuivre les manifestations ?
Les Géorgiens n'ont pas besoin qu'on leur demande de descendre dans la rue pour le faire... Cela fait des siècles que notre nation se bat pour son indépendance et son européanité. Elle ne va pas renoncer aujourd'hui. Mais je soutiens ce mouvement de protestation. Il est l'expression de la révolte contre la vision d'un Premier ministre et d'un gouvernement qui ne sont pas légitimes, car les résultats des élections n'ont pas été reconnus.
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