Mercosur: Ursula von der Leyen veut conclure l'accord

Les agriculteurs français sont férocement opposés à l'accord UE-Mercosur
Stephane Mahe

Les agriculteurs français sont férocement opposés à l'accord UE-Mercosur
Stephane Mahe
(Article publié à 12h32, mis à jour à 14h58, puis à 17h40)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a atterri en Amérique latine, avec l'intention de conclure l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur. C'est ce qu'elle a, elle-même, écrit sur le réseau X à 11h45:
« L'accord n'est pas conclu, les négociations politiques finales s'ouvrent à présent », a précisé à La Tribune la direction générale Commerce de la Commission européenne.
Cette annonce intervient alors qu'en France tant le président de la République que le gouvernement Barnier, désormais démissionnaire, le Sénat et l'Assemblée nationale ont exprimé leur opposition à cet accord « en l'état », et affirmé travailler pour qu'il ne soit pas conclu prochainement.
Les agriculteurs français y sont, en effet, férocement opposés. L'ensemble des syndicats agricoles ont manifesté pour en obtenir l'abandon.
« Le projet d'accord entre l'UE et le Mercosur est inacceptable en l'état. Le Président Emmanuel Macron l'a redit aujourd'hui à la présidente de la Commission européenne. Nous continuerons de défendre sans relâche notre souveraineté agricole », a répondu, dans un autre message sur X, l'Elysée à 13h41.
A Montevideo, capitale de l'Uruguay, se tient depuis hier et jusqu'à samedi un sommet des pays membres du marché commun d'Amérique du Sud: l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Le déplacement de la présidente de la Commission européenne pour y assister, incertain jusqu'à la dernière minute, est en soi un signe de sa détermination à annoncer une conclusion du traité de libre échange. Si cela devait arriver pendant ce sommet, ce serait probablement demain, la Commission européenne ayant aujourd'hui aussi annoncé que samedi Ursula von der Leyen se rendra à Paris pour la réouverture de Notre-Dame -où elle croisera inévitablement Emmanuel Macron.
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L'objet des toutes dernières négociations reste inconnu, mais elles ne devraient pas concerner le volet agricole, finalisé en 2019.
Après la conclusion politique, s'ouvrirait une phase de traduction et de validation juridique. Puis, l'accord devrait être approuvé par le conseil de l'Union européenne au moins à majorité qualifiée (15 États membres représentant 65% de la population de l'UE), et ensuite par le Parlement européen.
La France aurait donc encore théoriquement la possibilité de trouver une « minorité de blocage » (quatre Etats membres représentant 36% de la population européenne). Et l'issue d'un vote au Parlement européen reste aussi incertaine, le choix des députés sur ce sujet semblant aujourd'hui dépendre plus de leur pays d'origine que de leur appartenance politique. Si elle annonçait la conclusion de l'accord demain, Ursula von der Leyen prendrait donc le risque politique d'un désaveu par la suite.
Mais l'annonce officielle d'une conclusion politique de l'accord rendrait sans doute plus difficile d'en arrêter le parcours ensuite. Et l'affaiblissement politique de la France, après la chute du gouvernement Barnier, compliquerait davantage les choses.
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Lors d'une conférence de presse organisée à Bruxelles a midi, Olof Gill, le porte-parole de la DG Commerce de la Commission n'a cessé le répéter: cette dernière est la seule compétente pour conclure politiquement cet accord, sur le fondement d'un mandat qui lui a été conféré -en 1999- par tous les Etats membres, y compris la France. Le mode et les probabilité de l'approbation par les Etats membres sont des questions qu'elle ne compte aborder qu'ensuite.