Mercosur et commerce mondial : je t’aime, moi non plus
Lucie Robequain
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Photo d'illustration
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Les Français ne sont plus à un paradoxe près. Ils s'insurgent quand les Etats-Unis et la Chine érigent des barrières douanières pour faire barrage à nos exportations. Ils se révoltent aussi quand les barrières tombent. Alors que les deux premières puissances mondiales se referment sur leur marché intérieur, que Donald Trump laisse craindre une nouvelle guerre commerciale, l'Amérique latine s'impose comme l'une des rares régions du monde à jouer l'ouverture.
Cela devrait être considéré comme une aubaine pour les Européens - c'est d'ailleurs le sentiment qui domine chez la plupart d'entre eux. Le continent sud-américain offre, de fait, les opportunités dont manquent nos entreprises pour prospérer : on pense évidemment à ses ressources stratégiques, au premier rang desquelles le lithium, le graphite et le nickel, incontournables pour mener notre révolution électrique. L'Amérique latine nous donne aussi accès à l'un des marchés de consommation les plus dynamiques du monde, avec des classes moyennes toujours plus nombreuses -l'offensive de Carrefour au Brésil ne doit rien au hasard. C'est accessoirement une région où dominent la démocratie et l'Etat de droit, ce qui la rend nettement plus attractive que l'Afrique pour les investisseurs.
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Le président chinois Xi Jinping ne s'y est pas trompé. Il passe son temps en Amérique du Sud, avec la conviction qu'il s'agit là du nouveau terrain de jeu du commerce mondial. Il y était encore le mois dernier pour inaugurer un port géant au Pérou. Il construit des lignes de métro à Bogota et à Mexico, et des barrages hydroélectriques en Equateur. Autant de domaines dans lesquelles la France excelle, et qui lui échappent. La Chine inonde aussi ces pays de voitures électriques. Comme un symbole, le constructeur BYD a d'ailleurs repris une usine que l'américain Ford avait abandonnée au Brésil. Les Etats-Unis s'effacent, la Chine s'engouffre.
Lucie Robequain