Droits de douane : 90 jours d’apnée pour l’économie mondiale
Ludovic Desautez
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le président américain à sa descente d’Air Force One, à son arrivée à Palm Beach, vendredi 11 avril 2025.
LTD/Mandel NGAN/AFP
Ludovic Desautez
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le président américain à sa descente d’Air Force One, à son arrivée à Palm Beach, vendredi 11 avril 2025.
LTD/Mandel NGAN/AFP
Aux quatre coins du monde, le même sentiment étrange de vertige. Mercredi 9 avril, 19 h 18 à Paris : sur Truth Social, Donald Trump poste un message qui va faire le tour de la planète en quelques secondes. Le président américain annonce que les droits de douane réciproques, mis en œuvre le matin même, sont suspendus pour quatre-vingt-dix jours. Ou plus exactement que ces droits sont tous nivelés à 10 %, excepté pour la Chine, visée par une taxe record totale de 145 %.
Bref moment de décompression à Bruxelles qui échappe aux 20 % initiaux, à Tokyo (24 %), à Berne (31 %), à Hanoï (46 %), à Antananarivo (47 %)... En tout, 175 pays et territoires figuraient dans la liste, certains déjà au taux plancher de 10 %. Une liste biffée d'un trait, face à la glissade des Bourses mondiales, aux tensions sur le marché américain de la dette et à l'irritation croissante des acteurs économiques.
À lire également
« Cette pause de quatre-vingt-dix jours n'est pas une victoire en soi, alerte d'emblée Sylvain Bersinger, chef économiste du cabinet Asterès. Nous restons encore à un niveau moyen de taxe jamais vu depuis un siècle. » Au-delà des chiffres, le soulagement mondial se joue davantage sur un autre terrain, presque psychologique : le fait de bénéficier, enfin, d'un peu de temps, l'unité maîtresse en matière de négociation. « Sur ce dossier, tout a été géré de façon erratique côté américain, poursuit Sylvain Bersinger. On peut désormais espérer des négociations réelles. Mais il s'agit juste d'un espoir, car personne n'a compris ce qui ferait réellement plaisir à Trump. »
Ludovic Desautez