Autodestruction. Suicide. Sabotage. Depuis le 2 avril et les annonces de nouvelles barrières douanières par Donald Trump qui ont sidéré les États-Unis comme le reste du monde, ce sont les termes les plus utilisés par la totalité des économistes et des experts pour décrire les ravages qu'elles engendrent. Dès les premières minutes, avec un plongeon gigantesque des marchés financiers outre-Atlantique retransmis en direct par toutes les chaînes de télévision. À tel point que Fox News, la préférée du président, a retiré le bandeau rouge de la cotation de son écran pour la première fois de son existence.
Le plongeon devient un abîme, entraînant le dollar dans sa chute. Entre le 3 et le 4 avril, la Bourse américaine a perdu 6 000 milliards de dollars. La perte subie par Apple, à elle seule, représente davantage que la capitalisation boursière de Walmart, le premier distributeur américain. Le fabricant des iPhones a vu s'évaporer 311 milliards de dollars dans la seule journée de jeudi. Et les sept valeurs clés de la Tech en ont perdu 1 800 milliards de dollars en deux jours. Toutes les places financières ont suivi, en Europe comme en Asie. Un effondrement contagieux, qui évoque la panique planétaire d'octobre 2008, à la suite de la faillite de la banque Lehman Brothers. Sauf que cette fois-ci, tout allait bien. Jusqu'au 2 avril.
« En décembre 2024, l'économie américaine faisait l'envie du monde », rappelle Charles-Henri Colombier, directeur de la prévision et de la conjoncture de Rexecode. Tous les indicateurs étaient au vert. Une croissance de 2,8 %, un taux de chômage au plus bas (4 %), une inflation maîtrisée à 2,8 % et une consommation - le moteur de la croissance, à près de 70 % du PIB - robuste. Et des marchés financiers au sommet. La première économie du globe continuait de faire la course en tête, avec de solides perspectives pour 2025.