Alexandre Saubot, président de France Industrie : « La France n’a pas d’avenir sans réindustrialisation »
Propos recueillis par Marie-Pierre Gröndahl et Pierrick Merlet
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Alexandre Saubot, directeur général d’Haulotte et président de France Industrie, redoute une hausse de la fiscalité à l'aube de la rentrée parlementaire.
ENTRETIEN — À la veille de l’université d’été du Medef et avant la rentrée parlementaire, marquée par les débats sur la prochaine loi budgétaire, Alexandre Saubot, directeur général d’Haulotte et président de France Industrie, redoute une hausse de la fiscalité sur les sociétés.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Avant la reprise des débats parlementaires sur le budget 2026, que pensez-vous des mesures présentées en juillet par le Premier ministre, François Bayrou ? ALEXANDRE SAUBOT — L'absence de mesures négatives à l'encontre des industriels constitue déjà un signal favorable... C'est notre première préoccupation : nous battre pour que l'économie réelle soit le moins affectée possible. Surtout après un budget 2025 où figuraient à la fois une réduction des allègements de charges et une surtaxe d'impôt sur les sociétés, « temporaire » mais douloureuse. Encore faudrait-il que ces propositions survivent aux futures discussions parlementaires, en l'absence de majorité.
Ce projet de budget est relativement courageux, car les problèmes du pays ne seront pas résolus en augmentant les impôts. Ni ceux des ménages ni ceux des entreprises. D'où notre inquiétude sur les rumeurs sur les niches fiscales ou le débat sur les aides aux entreprises, dont le crédit d'impôt recherche.
Nous sommes d'autre part tout à fait d'accord pour réfléchir à la maîtrise du coût des arrêts de travail. Mais nous assistons pour l'instant à des discussions sur des transferts de charges vers les entreprises plutôt qu'à des échanges autour de la maîtrise de la dépense.
La dérive sur les coûts des arrêts de travail doit être comprise et analysée, pour proposer des mesures afin de diminuer leur nombre. Le sujet ne consiste pas à déplacer la charge, mais bien à baisser la dépense.
Et la taxe Zucman ? La taxation du capital éloigne l'entreprise du territoire qui la met en place. Or l'industrie est un métier capitalistique par excellence. Quel capitalisme français veut-on ? Un capitalisme sans capitalistes, ce sont des entreprises françaises de plus en plus détenues par des étrangers.
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Propos recueillis par Marie-Pierre Gröndahl et Pierrick Merlet