Budget 2025 : « une menace pour l'attractivité de la France » selon Rexecode

« La France est le seul grand pays européen dont la balance extérieure est déficitaire », juge l'institut Rexecode dans un rapport publié ce jeudi.
Gilles Guillaume

« La France est le seul grand pays européen dont la balance extérieure est déficitaire », juge l'institut Rexecode dans un rapport publié ce jeudi.
Gilles Guillaume
« Plus de production, moins d'importation, plus de services, moins de biens » : c'est en quelques mots le bilan 2024 de la compétitivité de la France, selon le dernier rapport de l'institut Rexecode, publié ce jeudi. Et ce, dans un contexte où le déficit commercial français, certes, se réduit (à 81 milliards d'euros l'année dernière, selon les douanes) mais surtout à cause de la baisse des importations et du coût de l'énergie.
Première conclusion livrée par l'institut, réputé proche du patronat : le déficit des échanges de biens et services français s'est réduit à 10,5 milliards d'euros, soit -0,4 point de PIB. Une bonne nouvelle, puisqu'il retrouve ainsi son niveau d'avant la pandémie de Covid-19, alors qu'il atteignait encore -2,6 % du PIB en 2022.
Mais, bémol, la répartition du type d'échanges est plus inégale : le déficit des biens s'est creusé, tandis que l'excédent des services a, lui, doublé, ce dernier atteignant près de 50 milliards d'euros. Soit, « plus du double de son niveau d'avant-Covid », selon Rexecode, qui précise que cet excédent est « porté par la hausse des soldes d'échanges de services financiers et de services aux entreprises ».
Autre chiffre à noter : en zone euro, les produits français ne représentent donc plus que 12,9 % des produits vendus. Soit un niveau inférieur aux 14,5 % de 2014, et au 18% en 2000. La baisse entre 2024 et 2019 est de 1 point. Cela représente « une perte de près de 50 milliards d'euros », chiffre l'organisation.
À l'échelle mondiale, les produits « made in France » continue de perdre du terrain. En 2023, la part des exportations françaises dans le commerce mondial était donc de 2,5 %, contre 3,4 % en 2000. Les secteurs aéronautique et pharmaceutique restent des piliers, représentant à eux seuls plus de 25 % des exportations de biens. En revanche, l'automobile, qui pesait 12 % des exportations françaises en 2000, est tombé à 7 % en 2024, reflétant une érosion persistante de la compétitivité dans cette industrie.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Le rapport indique également que les investissements étrangers productifs en France ont marqué le pas en 2024, avec une baisse de -7 % par rapport à 2023. Mais bonne nouvelle relevée par Rexecode : le positionnement de la France dans la production et l'emploi industriels européens « semble désormais stabilisé à son niveau de 2019 ». En outre, « la tendance à la désindustrialisation à l'œuvre depuis le début des années 2000 en France semble bien interrompue ».
Dans son analyse, Rexecode fait part de son inquiétude quant au projet PLF 2025. « Les mesures mises en œuvre dans la loi des finances pour 2025 constituent une menace pour l'attractivité de la France », déplore l'institut. Ceci, « en remettant en question l'effort d'alignement des prélèvements sur l'industrie vers la moyenne européenne ».
À lire également
L'accentuation de la surfiscalité pesant déjà sur le travail qualifié, la suspension de la baisse de la CVAE et la surtaxe d'impôt sur les grandes sociétés, « sont autant de signaux négatifs » selon l'institut d'étude. « Ces mesures augmentent le poids des prélèvements obligatoires en France, alors qu'il est déjà bien plus élevé que dans les autres pays de la zone euro ».