ENTRETIEN EXCLUSIF — Nouveau patron de la plateforme française Deezer, Alexis Lanternier s’associe à la Sacem et engage la lutte contre les contenus parasites.Nommé à la tête de la plateforme de streaming musical française créée en 2007 le 26 juillet 2024, Alexis Lanternier, 41 ans, a un profil inhabituel. Cet ingénieur diplômé de l'École Polytechnique et titulaire d'un master à HEC, a en effet passé la plus grande partie de sa carrière à l'étranger (États-Unis, Singapour, Canada), tour à tour entrepreneur et manager salarié. Son secteur de prédilection ? Le numérique, via la distribution de biens de consommation en ligne.
Après des débuts très classiques dans le conseil en stratégie, au sein du cabinet BCG (Boston Consulting Group), ce père de quatre enfants a rejoint Amazon. Puis développé une start-up dans l'e-commerce en Asie du Sud-Est. Avant d'être recruté par le groupe singapourien Lazada et le géant américain de la distribution Walmart. A son retour en France, en 2021, Alexis Lanternier cofonde avec Pierre Poignant une marketplace, Branded, fusionnée il y a quelques mois avec une entreprise américaine.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Qu'est-ce qui vous attiré chez Deezer ?
ALEXIS LANTERNIER — Sa place dans l'économie numérique, tout d'abord. L'importance de la technologie, ensuite. Dans la musique, à la différence d'autres secteurs, comme l'e-commerce, tous les acteurs disposent du même catalogue. Creuser l'écart face à ses concurrents repose donc davantage sur l'innovation, le marketing et le positionnement. Moins sur une course à la taille. Même si Deezer a réussi à atteindre la taille critique, avec dix millions d'abonnés - dont 5 millions en France -, sans pour autant être adossé à un géant du numérique.
Marie-pierre Gröndahl (propos recueillis)