Le protocole est réglé par la Constitution allemande. Comme tous ses prédécesseurs, le chancelier fédéral Friedrich Merz accédera au pouvoir le 6 mai après un vote solennel des députés du Bundestag. Sa coalition, qui rassemble les élus de la CDU-CSU et du SPD, occupe 328 sièges sur 630. L'entourage du futur chef du gouvernement table tout de même sur une poignée de frondeurs venus des rangs sociaux-démocrates.
Un deuxième tour, voire un troisième (à la majorité simple), serait un camouflet pour la nouvelle équipe. Leon Ottmüller, qui anime une section sociale-démocrate dans un bastion très populaire de Berlin, tempère ce risque : « L'ambiance générale est plutôt positive. C'est très différent de 2018, lorsque les jeunes du parti mobilisaient contre la coalition avec Merkel. » Le mouvement NoGroKo (non à la grosse Koalition) avait contraint la chancelière à des négociations ardues, bloquant l'Union européenne pendant des mois.
Avant le vote des députés, il faut aussi la validation de la base. Le vote en ligne
des 360. 000 militants SPD s'achèvera dans la soirée du 29 avril. Quelques rebelles menacent de sanctionner le contrat de coalition car il ne contient pas l'instauration d'un impôt sur la fortune ou parce qu'il prévoit une augmentation du smic - qui passerait à 15 euros brut de l'heure - jugée trop mesquine. « Mais il faut être lucide, nous n'avons pas d'autre choix pour ce pays », explique Christine Walther, la trésorière du parti d'un district de Dessau, une vieille cité ouvrière de l'Est où le parti a divisé son score par deux entre les élections de 2021 et celles de 2025.