LA TRIBUNE DIMANCHE — Crise sociale, Covid, reprise... Anne‑Marie Couderc, quel bilan tirez‑vous de ces sept années pour le moins mouvementées à la présidence d'Air France-KLM ?
ANNE-MARIE COUDERC — Je suis arrivée en pleine crise sociale. Nous étions au milieu d'une grève assez forte, nous n'avions plus de PDG après la démission de Jean-Marc Janaillac, et il était difficile de trouver quelqu'un dans une période aussi complexe. Personne ne voulait faire l'intérim compte tenu de la situation, et comme j'étais déjà présidente du comité de nomination et de gouvernance au sein du conseil d'administration, on a proposé mon nom. J'ai accepté et j'ai suggéré que nous dissociions tout de suite la présidence de la direction générale.
Nous avons mis en place cette structure de gouvernance et, jusqu'à ce que nous trouvions la personne adéquate pour diriger le groupe, j'ai « fait le job », dans un moment où le management était en difficulté. J'ai fait face à la crise sociale. C'était vraiment très tendu, avec des syndicats assez remontés mais qui ont compris la nécessité de suspendre tout mouvement dans l'attente de la nomination du futur directeur général.
Sept ans plus tard, dans quel état de forme se trouve le groupe Air France-KLM ?
A-M.C. Aujourd'hui, le groupe est en bonne forme, autant que nous puissions l'être vu le contexte dans lequel nous vivons. Tous les fondamentaux sont là. Les plans de transformation qui ont été mis en place par Benjamin Smith [directeur général d'Air France-KLM] dès son arrivée ont tout de suite commencé à porter leurs fruits. Air France, qui était alors dans une situation très compliquée, est aujourd'hui en plein redéveloppement. La compagnie avait les atouts que tout le monde connaît, mais il fallait encore que la confiance revienne, que le dialogue entre les managers et le personnel existe à nouveau et que nous nous donnions la capacité de redémarrer. Il y a aussi eu le lancement du plan de renouvellement et de modernisation de la flotte pour retrouver de la compétitivité vis‑à-vis de nos concurrents.