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Gaz : Air Liquide ouvre un site aux Etats-Unis pour fournir le géant des semi-conducteurs Micron

latribune.fr

Publié le 05 juin 2024 à 08:55 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:50

Le groupe français a annoncé mercredi investir 250 millions de dollars aux Etats-Unis.

Le groupe français a annoncé mercredi investir 250 millions de dollars aux Etats-Unis.

JEAN-PAUL PELISSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le groupe de gaz industriels français va implanter un nouveau site de production pour alimenter en gaz le fabricant de semi-conducteurs Micron dans l'Idaho. Dans la course aux puces électroniques, les Etats-Unis multiplient les investissements pour concurrencer notamment la Chine.

Bonne nouvelle pour Air Liquide. Le groupe français a annoncé mercredi investir 250 millions de dollars aux Etats-Unis pour construire un site de production de gaz industriels qui alimentera notamment une nouvelle usine du fabricant de semi-conducteurs Micron dans l'Idaho (nord-ouest).

«Air Liquide va construire, détenir et exploiter une nouvelle unité de production de gaz industriels dans l'Idaho, qui produira de grands volumes d'azote ultra-pur et d'autres gaz pour Micron Technology, ainsi que pour d'autres clients dans la région», a indiqué le groupe français dans un communiqué.

Cet investissement de « plus de 250 millions de dollars » permettra d'approvisionner « la nouvelle usine » du groupe américain de semi-conducteurs Micron et créera « des centaines d'emplois directs et indirects dans l'État d'Idaho pendant la construction et l'exploitation », selon Air Liquide. Il « soutiendra la production de puces mémoire de pointe, notamment pour répondre à la demande croissante en capacités de calcul informatique liée à l'intelligence artificielle », a affirmé le directeur du pôle Amériques d'Air Liquide, Matthieu Giard, cité dans le communiqué.

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Micron en pleine expansion

Micron, basé à Boise dans l'Idaho, est en pleine expansion. Le groupe prévoit d'investir 50 milliards de dollars dans les Etats de New York et de l'Idaho d'ici à 2030, puis 125 milliards dans les vingt prochaines années.

Fin avril, la Maison-Blanche avait annoncé lui accorder jusqu'à 6,1 milliards de dollars de subventions pour produire des puces électroniques de pointe dans ces deux Etats. Les nouvelles usines devraient notamment permettre la création de 70.000 emplois.

« La construction de l'usine entraînera une demande encore plus forte en équipements, matières premières et en emplois au cours des dix prochaines années », a commenté Scott Gatzemeier, l'un des vice-présidents de Micron. Cité dans le communiqué d'Air Liquide, ce dirigeant s'est réjoui que Micron réussisse « ainsi à attirer et à bâtir un écosystème de semi-conducteurs à travers les États-Unis ». L'unité de production de gaz industriels devrait être opérationnelle fin 2025, a précisé Air Liquide.

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Course aux semi-conducteurs

L'expansion de Micron fait partie de la stratégie du gouvernement américain alors que la sécurisation de l'approvisionnement des semi-conducteurs de pointe est devenue une question cruciale pour de nombreux pays, encore plus depuis le développement de l'intelligence artificielle générative. Les États-Unis et la Chine se sont ainsi engagés dans une bataille féroce pour le contrôle du marché.

Dans ce contexte, les Etats-Unis multiplient les investissements dans le secteur. A l'été 2022, le gouvernement a validé une loi, baptisée « Chips and Science Act », qui prévoit 52,7 milliards de dollars pour relancer la production de semi-conducteurs sur le sol américain. L'objectif du gouvernement de Joe Biden est de se protéger de futures pénuries de ces puces incontournables dans les téléphones portables, les voitures électriques, ou les équipements militaires de pointe.

Les États-Unis« ne produisent aucune des puces les plus sophistiquées, ce qui nous fait courir des risques importants, sur le plan de l'économie et de notre sécurité nationale »,a ainsi reconnu le président américain fin mars. « J'étais décidé à changer ça »,a-t-il ajouté, en assurant que grâce à ses décisions,« la production et les emplois dans le secteur des semi-conducteurs (faisaient) leur grand retour ».

En parallèle d'augmenter la production de semi-conducteurs sur son sol, le gouvernement américain accroît ses investissements dans l'industrie des semi-conducteurs au Vietnam. Lors d'une visite du président américain à Hanoï en septembre dernier, les deux pays ont ainsi conclu un large partenariat dans les semi-conducteurs. D'ailleurs, peu de temps après cet accord, le géant des puces électroniques Nvidia a indiqué vouloir établir une base dans le pays pour son industrie. Le Vietnam abrite déjà le plus grand centre au monde d'assemblage et de tests de puces du géant américain Intel, et les coréens Amkor et Hana Micron s'y sont eux aussi implantés l'an dernier.

Les Etats-Unis et la Chine ne sont pas les seuls à être dans la course. L'Union européenne ambitionne, de son côté, de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde d'ici à 2030, le double de sa part actuelle. Par ailleurs, la Corée du Sud a annoncé courant mai un nouveau plan de soutien de quelque 17,5 milliards d'euros et le Japon a indiqué la mise en place en avril de nouvelles subventions aux entreprises pouvant aller jusqu'à 3,9 milliards de dollars.

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Air Liquide: recul de 7,3% du chiffre d'affaires en raison de la baisse des prix de l'énergie

Le groupe de gaz industriel Air Liquide a réalisé un chiffre d'affaires de 6,65 milliards d'euros au premier trimestre 2024, un recul de 7,3% dû essentiellement à la baisse des prix de l'énergie, ainsi qu'à un effet de change défavorable, a-t-il annoncé fin avril. Ce recul n'a aucun impact négatif sur les marges opérationnelles du groupe, a -t-il indiqué dans un communiqué, car les variations sont « contractuellement répercutées aux clients de la grande industrie ». A structure comparable, hors variation de l'énergie et effets de change, le chiffre d'affaires du premier trimestre affiche une progression de 2,1%.

Les ventes de la division Gaz et services, la plus importante, s'élèvent à 6,35 milliards d'euros, en recul de 7,8%, mais en hausse de 2% à structure comparable.

Au plan géographique, le continent américain constitue le premier marché avec un chiffre d'affaires de 2,55 milliards d'euros (-3% par rapport à 2023), suivi de l'Europe (2,25 milliards d'euros, -14,7%), de l'Asie Pacifique (1,29 milliard d'euros, -6,8%) et du Moyen-Orient et Afrique (267 millions d'euros, +11,3%). En Asie, le chiffre d'affaires de la grande industrie baisse de 1%, après notamment des arrêts clients en Chine, et une baisse des volumes d'oxygène au Japon pour la production d'acier, compensés par le démarrage en Chine en mars d'une nouvelle entité de production d'hydrogène et une progression des volumes d'hydrogène pour le raffinage à Singapour.

Au premier trimestre, le groupe a annoncé trois acquisitions aux Etats-Unis et en Chine, et deux cessions (activités technologiques pour le secteur aéronautique et activité de location de matériels de soudage en Europe). Il a aussi annoncé le projet de cession de ses activités dans 12 pays d'Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Madagascar, Mali, République démocratique du Congo, Sénégal et Togo) après la signature d'un accord avec le fonds Adenia Partners. Ces activités « représentent un chiffre d'affaires annuel d'environ 60 millions d'euros, soit moins de 10% du chiffre d'affaires du groupe en Afrique » indique le communiqué.

Au premier trimestre, le carnet de commandes d'Air Liquide s'élève à 4,1 milliards d'euros. Et les « opportunités d'investissement à 12 mois se maintiennent à un niveau élevé de 3,4 milliards d'euros »: « Plus de 40% d'entre elles sont en lien avec la transition énergétique" avec notamment de premiers projets de décarbonation "aux Etats-Unis et en Europe ».

(Avec AFP)

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