L'édito éco de Lucie Robequain. La meilleure nouvelle du printemps
Lucie Robequain

Ce 25 mai, Lucie Robequain se penche sur les émissions carbone de la Chine.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Lucie Robequain

Ce 25 mai, Lucie Robequain se penche sur les émissions carbone de la Chine.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares pour être célébrées : pour la première fois de son histoire, la Chine parvient à réduire ses émissions de carbone (- 1,6 % au premier trimestre) grâce à une utilisation massive d'énergies décarbonées. Des réductions de CO2 avaient déjà eu lieu précédemment, en réaction aux trous d'air économiques - ce fut notamment le cas lors de la crise Covid de 2022. Cette année, rien de tel : le PIB chinois progresse, la consommation d'énergie explose... et la pollution décline - preuve qu'écologie ne rime pas forcément avec décroissance.
On le sait, la Chine cumule tous les paradoxes. C'est le pays qui brûle le plus de charbon au monde, c'est aussi celui qui consomme le plus d'énergies renouvelables. La vertu semble désormais prendre le dessus : la croissance des énergies propres (éolienne, solaire, nucléaire) dépasse celle de la demande en énergie, permettant de réduire enfin la production de charbon. Venant du premier pollueur mondial, c'est une petite révolution qui donne espoir en l'avenir : le découplage entre croissance économique et consommation de CO2 est possible, il est même engagé.
Si ces chiffres se confirment au cours des prochains trimestres, cela signifiera que la Chine a atteint son pic d'émissions de carbone cette année, avec cinq ans d'avance sur les objectifs. C'est la meilleure nouvelle qui nous soit venue depuis longtemps sur le front du climat. C'est aussi une inspiration pour tous ces pays émergents, convaincus que leur soif de développement économique ne laisse aucune place à l'écologie.
Les investissements massifs que la Chine a consentis dans les énergies renouvelables y ont contribué, l'électrification du parc automobile aussi. Les Chinois achètent désormais plus de voitures électriques que de thermiques. La consommation d'essence a donc tendance à décroître.
L'Europe n'a évidemment pas à rougir face à la Chine : voilà des années qu'elle réduit chaque année sa consommation de CO2. S'il est une chose qu'elle peut jalouser, ce sont les moyens et la constance avec lesquels Pékin atteint ses objectifs. Car, là-bas, aucune tergiversation : le pays continue de construire les plus grands parcs solaires et fermes éoliennes du monde, à coups de milliards d'euros d'investissements et de subventions publiques.
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En Europe, la transition écologique a du plomb dans l'aile : une directive européenne a bien été adoptée il y a dix-huit mois pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Les 27 pays de l'Union européenne avaient jusqu'à cette semaine pour la transposer dans leur droit national. Fait incroyable, aucun ne s'est donné la peine de le faire.
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Quand les pouvoirs publics entretiennent le flou sur le maintien de leurs ambitions environnementales, le consommateur ne suit plus. Le sujet de la décarbonation n'est plus technologique, il est politique. À l'Europe de prouver que sa détermination reste intacte.
Lucie Robequain